18 mai 2008
cette frénésie de la fin
Un message aujourd'hui sur un constat : avant la fin (c'est-à-dire avant de partir, de changer de pays ou de rentrer), les gens passent visiblement par une phase épidémique de fièvre acheteuse.
Des trucs qu'on trouvait laids à mourir en arrivant sont alors absolument fabuleux, et on leur court après désespérément, en sentant qu'on ne peut pas repartir sans.
Je constate que peu de personnes y échappent, saisies dans les 3 ou 4 mois qui précèdent le départ. L'éléphant en pierre, le boudha rutilant, le ganesh kitsch, les meubles vermoulus, les copies en toc super chères, les parures de lit (on sait pourtant qu'elles vont se découdre ou perdre leurs broderies rapidement), les dupattas qu'on ne portera sans doute jamais, les bijoux, et tant d'autres choses...
J'utilise volontairement des termes peu flatteurs, non pas que je les pense, mais je les pensais (et d'autres avec moi) en arrivant. Les meubles de guingois, les statuettes aux seins nus surchargées de dorure, avec le troisième oeil à la poudre rouge entouré de colliers de fleurs, les éléphants porte-manteaux, les éléphants porte-pots, les éléphants porte-tout-ce-que-tu-veux mais brillants de lustre...
Pourtant, je sens bien qu'à mon tour, je ne partirai pas sans. Parce que les yeux s'habituent, parce que le quotidien vécu se teinte de compréhension, parce que tout ce kitsch prend finalement du sens.
Et parce qu'on sent aussi que toute cette parenthèse indienne va se clore, passer ensuite du côté des souvenirs. Et que ces objets matériels deviennent alors un vivant rappel qu'on a vraiment vécu tout ça, l'occasion aussi dans notre futur (ou ancien) chez-nous de faire une place particulière pour cette expérience particulière, qu'elle soit ou non suivie par d'autres du même genre.
L'ai-je vraiment vécu ? Oui, Ganesh en atteste, les meubles sombres en tek en attestent, et quand je porterai en hiver un duppata en soie, j'en attesterai aussi aux yeux du monde.
17 mai 2008
un certain fonctionnement
Je voudrais ce jour vous toucher 2 mots de la personne chez qui j'apprends la cuisine indienne du nord. Cette dame (je dirais une quarantaine d'années) est très joviale. Elle aime danser le bollywood avec ses amies, peint des tribals designs sur de la soie, a ouvert dans une pièce libre une sorte de magasin où elle revend des meubles commandés sur catalogue, et elle propose donc aux "ladies" de leur montrer des plats typiques indiens.
Ce fut très intéressant. Mais ça a commencé, après une grosse demi-douzaine de séances, à virer à l'indienne quand on lui a demandé ce qu'elle pouvait nous apprendre de la cuisine moins ordinaire du nord. Oui, parce que bon, les ragouts de patates et le poulet aux épices, ça va, mais même en changeant 1 ingrédient d'une fois à l'autre, ça ne donne pas l'impression de manger vraiment différemment.
Au passage, les notions d'équilibre alimentaires lui sont sacrément étrangères, et elle n'hésite pas à présenter, au cours du même repas (repas quotidien), des patates, des chapatis (sorte de pain), du riz ET des lentilles ou des pois chiches. Pour les féculents, n'en jetez plus, la coupe est pleine ! Y'a bien quelques tomates bouillies qui traînent dans un coin, parfois une tête de chou-fleur ou des aubergines, mais c'est tout.
Bref, elle ne donnait pas le sentiment de vouloir nous proposer autre chose. Nous n'avons pas compris tout de suite, alors nous avons insisté : "tiens, on aurait très envie de pouvoir faire des naans, tu peux nous montrer ?"
Réponse : oui, bien sûr. On trouve juste un créneau où tout le monde peut venir.
OK. Entre les vacances des uns et des autres, finalement, il y a 3 semaines, on arrive pour la Naan Session.
Ah ben oui, mais non, le four, il est en panne.
OK, on comprend, ce sont des choses qui arrivent (surtout ici). Finalement, cela devait se faire la semaine dernière.
Ah ben oui, mais en fait, non, parce que vous comprenez, faut préparer la pâte la veille, et là, j'ai pas fait.
OK, tu veux nous montrer, ou pas ???
Oui, mais faut préparer la pâte la veille.
Bon, et si on disait qu'on vient tous mercredi matin, juste pour les naans, tu fais la pâte avant ?
Ah ben oui, c'est une idée qu'elle est bonne : je prépare la pâte mardi ! A mercredi !
Mercredi, on y croyait. Dur comme fer, qu'on y croyait.
Pour découvrir que la pâte avait bien été préparée (mais elle n'en refera pas une autre dose pour nous montrer exactement comment s'y prendre), en soit tant pis, Parce que s'il y a un truc compliqué pour les naans, c'est la
cuisson : traditionnellement, ces galettes sont cuites collées aux
parois d'un tandoor, sorte de four en brique placé dans un gros bidon
debout, chauffé au feu de bois et plus récemment au gaz.
Les faire cuire à la poêle ne donne pas du tout le même résultat.
On s'attendait donc, quand elle nous parlait de four à naans, à un truc spécial. Que nenni, c'était un bête mini-four. Encore naïves, on s'est exclamées : trop génial, on peut faire les naans dans un four normal ???
On s'attendait à une astuce : la brique réfractaire, un truc du genre...
Nan nan, rien du tout, on fait cuire sur une simple plaque.
Là, j'ai commencé à douter. Mais bon. Pourquoi ne pas lui faire confiance ?
Et les tentatives se sont ensuite enchaînées, j'aurais tendance à dire plus pitoyables les unes que les autres : sur la plaque à 200 degrés, sur la plaque à 250 degrés, à la poêle (la tawa), à la flamme, puis finalement collés (sic !) à la poêle et retourné à la flamme (pour vous aider à visualiser, la galette est prise en sandwich entre la flamme et la poêle)... pour en tirer des galettes dures comme de la pierre.
Bref, il a fallu se rendre à l'évidence : elle ne savait absolument pas comment faire, et pire, elle n'avait même pas essayé AVANT.
Mais elle ne nous l'aurait pas dit. Elle a sans doute essayé de nous faire comprendre que non, elle ne savait pas, mais nous n'avons pas compris, tous autant que nous étions.
C'est vraiment difficile de se rappeler que même les Indiens éduqués, et habitués à fréquenter des Occidentaux, ne savent pas dire clairement quand ils ne peuvent (ou ne savent) faire quelque chose. Ils louvoient, tournent autour du pot, reportent => à toi de comprendre que ça veut juste dire non. C'est pourtant tellement plus rapide, net, juste de dire non... tout le monde comprend, pas de malentendus, et au final, moins de frustration car pas d'espérances entretenues puis déçues. Nos cultures sont vraiment différentes.
16 mai 2008
ah, qu'il fait bon planifier...
En général, quand arrive l'heure des repas, c'est la panique à bord, j'ai rien en tête, et prie un dieu, le premier qui m'entendra, pour avoir l'Inspiration adéquate au dernier moment.
Lui (mon homme, pas Dieu) me dit " bon, faut t'organiser, et prévoir un peu plus, tu stresseras moins et ce sera moins la corvée". Il est pas croyant c't'homme-là, que voulez-vous.
Planifier. Certes.
Ok, mettons nous-y donc, à la planification à l'avance.
Cela donnait pour hier des fajitas, avec le résultat que vous savez. Mais bon, un accident de parcours (bestioles dans les fajitas) peut arriver, il ne faut pas en faire une généralité, hein ?
Alors ce soir au menu, croissants jambon-fromage. J'avais les croissants, j'avais le fromage, j'avais même le jambon, y'avait juste à faire une béchamel (ouais, c'est régime en ce moment lol). C''etait une fête rien que d'y penser.
et ça tombait super bien que je savais (et avait) d'avance quoi faire, parce que Lui repartait (avec des collègues pour 2 jours en montagne) vers 20h30, et que moi, je revenais de dépoilage épilation (au laser siouplé) vers 19h15. Timing un peu juste.
Si vous ajoutez en prime que le chauffeur, au moment de me récupérer, était encore à 45 minutes en voiture de là où moi je l'attendais, en train d'attendre "Sir", qui pourtant aurait dû être déjà rentré, et que donc je suis rentrée en rikshaw (ça a l'air simple, présenté comme ça), vous comprendrez que le repas planifié à l'avance était une excellente idée.
Sauf que les croissants au jambon, bêtement, moi, un peu psycho-rigide sans doute, je les cuits au four.
Et que le four, y marchait pas, rapport que dans la silicone vallée de l'Inde, la vitrine mondiale de t'as-vu-comme-on-est-fort-en-Inde, ben ils ne sont pas fichus de fournir du courant. Quand je vois les problèmes ici, banlieue RICHE de Bangalore, j'imagine bien la cambrousse avec du courant 1 h par semaine.
On a donc mangé des tomates, des carottes, un peu de fromage et des pâtes. Comme quand aucun dieu n'a daigné m'illuminer de l'Inspiration. Bande de fainéants, tout de même.
Alors la planification, moi je veux bien, mais pas ici. Parce que tu CROIS que tu vas tranquillement gérer ta fin de journée, rapport que t'y as déjà passé ton après-midi, mais en fait, ça ne sert à rien, tu y passeras QUAND MÊME AUSSI ta fin de journée.
15 mai 2008
petits tracas et joies quotidiennes
Qu'on ne s'y trompe pas, la vie ici, dans la résidence, est trèès agréable. La piscine est belle (bon parfois, elle est belle de loin et sale de près, mais personne ne nous oblige à nous baigner après tout), le soleil brille, il fait bon bouquiner en regardant les enfants s'amuser, on bavarde tranquillement, le temps passe... Une sorte de mois d'août permanent, en fait.
... y'a tout de même des choses qui font que cette vie-là a ses limites.
Les surprises par exemples. Celles qui font une conversation avec votre mari le soir et surtout, qui font une conversation différente. On rencontre toujours les mêmes personnes. Ici, pas de copain de fac retrouvé, pas d'ancienne copine qui nous donne des nouvelles de gens perdus de vue. Pas de famille, sauf exception.
Par contre, en rentrant, le robinet qui fuit, l'interrupteur qui ne fonctionne plus, le courant absent (en moyenne sur un mois, je dirais que nous avons 20h/jour de courant) au pire moment de la journée, les rats dans la maison... Oui, bon, OK, des surprises, y'en a. Pas celles qu'on attend la joie au coeur, mais objectivement, y'en a.
Le ravitaillement. C'est bête, hein, mais au magasin du coin, souvent, y'a pas. Pas de citron. Pas de courgettes. Pas de haricots verts. Des fois même, y'a pas de poivrons. Pas d'aubergines. Pas d'oignons frais, pas de coriandre. Attention, c'est pas une fois de temps en temps que y'a pas. Non, c'est souvent.
Hier, les champignons sont revenus, mais pas de bol, j'avais prévu (j'ai tort, je sais) des fajitas : j'avais les barquettes en galettes de mais, j'avais même le mélange d'épices pour la viande, il ne me fallait que 1 poivron et 1 salade. Ben pas moyen. C'est bête, hein ? Tant pis, on remplacera, il me reste des olives.
Remarquez, en rentrant, je commence à couper mes tomates et à cuire le mais, je fais revenir la viande avec les épices qui vont bien. Au moment de servir, j'ouvre ma boite de barquettes fajitas. Ben dans le plastique, crevées, plein de bestioles le ventre en l'air. Bon appétit.
... Heureusement, maintenant, je sais faire des chapatis.
Oui mais bon, le repas qui devait être prêt à 19h30 ne l'a été que vers 20h et des grosses brouettes. Ce qui devait me prendre 30 minutes de préparation m'en a pris plus du double, au moment où Titpuce doit prendre sa douche et qu'on s'était entendue sur le fait que je la prenais avec elle.
Le cri du coeur de Titpuce, qui achève la galère : "Tu dis toujours que tu viens, et puis tu viens pas !!!"
Ben oui, on est en Inde !
D'ailleurs, j'ai pas promis, j'ai dit "si tout va bien, je viens avec toi pour la douche"
13 mai 2008
un peu de thé dans ce monde brutes
Ce matin, j'ai passé un long temps à discuter thé avec une personne dont la famille est dans le métier et tient une plantation dans les Nilgiris Hills. J'ai appris plein de choses que je souhaite vous faire partager !
La première, c'est qu'on cueille les deux dernières feuilles et le bourgeon des branches, rien de plus, et que selon les thés, il faut parfois que cette opération se fasse très tôt le matin, à la lampe frontale avant le lever du soleil (pour garder la dernière feuille en bourgeon fermé, ou éviter que la rosée ne "grille" la feuille sous l'effet loupe des goutelettes une fois le soleil levé), et le tout à la main. Les machines ayant tendance à couper tout et n'importe quoi, cette famille emploie beaucoup de personnel pour assurer une cueillette manuelle.
La récolte a lieu tous les 10 à 12 jours.
Ensuite, les feuilles sont mises à sécher dans une grande pièce ventilée, à la lumière indirecte du soleil. Une fois légèrement sèches, pas totalement, elles sont soit roulées à la main entre les paumes (production : 300 kg/an dans cette plantation), soit passées dans une machine qui roule les feuilles. Une autre machine peut être utilisée, la CTC (cut, tear and curl), qui va couper et rouler en grains plus ou moins fins, et donner un thé de moins bonne facture.
Une fois roulées, on sèche le tout. Pour un thé vert, on empêche alors l'oxydation en passant les feuilles à la vapeur (et on sèche), pour un thé noir, on laisse les feuilles finir de sécher naturellement.
La seconde chose qui m'a surprise, c'est que l'appellation Orange Pekoe est en fait un facteur de taille : c'est un thé (excellent ou médiocre) dont les morceaux font envion 1,5 à 2 cm, peu importe l'origine, le traitement, la qualité...
Il est aussi produit, dans cette plantation, un thé à base uniquement des bourgeons, plus exactement, de la partie supérieure des bourgeons (la machine utilisée pour le tri possède des capteurs chromatiques, et sépare les bourgeons - dorés- du reste des feuilles)
Bref, il en est un peu du thé comme du vin : de nombreuses variations selon le climat, le terrain, la plante, la cueillette, le traitement... Et il en est de l'Inde comme de la france : beaucoup de piquette et de consommateurs de piquette (pardon, de chai, lacté, sucré, et parfumé aux épices pour en masquer l'âcreté), et quand même des producteurs plus attentifs et des consommateurs plus exigeants.
Sauf que perso, depuis un an, je me suis brûlée les capteurs de goût au chai et au thé en poudre (merci Twinnings), et que du coup, je ne suis plus vraiment capable d'apprécier les subtilités d'un thé plus en finesse... avec un peu de suite dans les idées, je peux peut-être remettre tout ça sur la bonne voie !
A 150 RS (3 euros) le sachet de 250 gr de Orange Pekoe cueilli et roulé à la main, ce serait vraiment dommage de passer à côté, n'est-ce pas ???
10 mai 2008
Singapore, 5ème journée, bilan...
Pour notre dernière journée, un dimanche, nous avons erré dans les rayons d'Ikéa et de Carrefour où, malgré un choix moindre qu'en France, nous avons eu la sensation d'être assaillis par « trop » de choses. On a quand même fait le plein, de chocolat à dessert, d'herbes de provence, de beurre correct qui ne coûte pas les deux yeux de la tête, de saucisses bêtement knackies SANS piment, etc.
On a aussi pris une fritteuse ! Ici, en Inde, on trouve un choix insurmontable de « rice cooker » (cuit-riz), mais un « deep fryer », c'est Mission Impossible.
Un gros merci à Laurence et sa famille pour nous avoir accompagnés et guidés au long de ces journées.
On a ensuite passé l'après-midi dans les malls climatisés d'Orchard Road, sorte de Champs Elysées locaux. Titpuce est revenue avec ses premiers Légos !
Fin de la journée plus « local culture » : repas au Newton circus Foodcourt. Un Foodcourt, c'est une sorte de place où se sont regroupés plein de... magasins de bouffe, resto, traiteurs... et celui de Newton circus est consacré essentiellement aux produits de la mer.
C'est une immense cour encadrée par 80, 90 échoppes riquiquies, on mange au centre, les vendeurs viennent prendre vos commandes, et on mange à la baguette. On s'est lâché : pepper crabe et garlic lobster (crabe au poivre et langouste à l'ail), un régal, le tout pour 50 euros pour 3 personnes (Titpuce, pour ce genre de repas, mange autant qu'un adulte !!!).
Voilà voilà pour le compte-rendu « politiquement correct ».
Passons aux impressions.
La première, c'est que Singapore, pour les expats en Inde, ça devrait être remboursé par la Sécu.
La seconde, c'est que les Singapouriens ne rigolent pas. Ni avec les règles (on y reviendra), ni avec l'argent (on y reviendra aussi), ni avec l'éducation.
Tout pousse à exceller : des « learning centres » (centre d'apprentissage) fleurissent partout, pour éveiller, soutenir, pousser les enfants, en lecture, en maths. La plupart des magasins de jeu / jouets mettent en avant les côté éducatif des rayonnages.
Et la pression scolaire est énorme. Le taux de suicide chez les moins de 18 ans est l'un des plus fort du monde, juste derrière le Japon, et ça commence dès 12 ans.
Tout est pensé, prétexte à apprendre. Même dans les toilettes (du zoo), il y a des affiches du type « apprends et retiens » juste en face dudit toilette, de sorte qu'on te bourre le crâne même dans ce moment plutôt intime.
On retrouve cette pression dans le travail, du moins pour les jobs à neurones.
Cependant, on ne peut pas passer son temps à se bourrer le crâne et en même temps développer et entretenir sa créativité : les Singapouriens sont, un peu comme les Japonais, de très bons copieurs, mais pas encore créateurs ou autonomes. Du coup, il y a un taux d'expatriés que je trouve hallucinant : rien que la communauté française se compose de 4 000 familles (sur 5 000 000 d'habitants), et il y a davantage d'Américains, d'Anglais, de Nordiques... ça me paraît énorme, comparé aux 8 000 000 d'habitants de Bangalore et ses 380 familles françaises.
Bref, les gens bossent beaucoup, aussi pour retarder leur retour dans la famille. Les loyers sont chers, les familles se tassent, et la promiscuité pèse. Alors le singapourien est dehors, en train de manger (toute la journée), de faire du shopping dans les malls dont la clim rend la vie supportable (il y fait vraiment chaud et humide, 365 jours / an), ou de travailler, ou dehors après le travail, mais pas chez lui.
L'argent, c'est le moteur de tout ça. Le port de commerce rapporte un fric monstre (mais on en voit les retombées), la vie y est facile (au sens où on trouve de tout) mais chère.
Tout est prétexte à faire payer le touriste (comme en Inde d'ailleurs, comme partout en fait), mais c'est bien pensé : ce qui facilite la vie du touriste (les transports) est bon marché. Dans la ville, des portails ERT jonchent vos parcours automobiles et vous ponctionnent automatiquement de l'argent sur une carte que vous devez approvisionner. Vous passez en-dessous, hop, 2 $ de moins. Plus efficace que les parcmètres.
La loi... est à respecter à la lettre. Les flics sont en civil dans la rue, et peuvent vous chopper à tout moment. Les équivalents de nos HLM, les HBE, sont racialement mixtes (Chinois, Hindus et Musulmans DOIVENT cohabiter selon un ratio) et contrôlés par un policier dans chaque montée d'escalier. Pas de grabuge, sinon, c'est la porte (ou la mise à l'amende).
On ne jette rien au sol, mais tout est fait pour vous aider à ne pas en avoir besoin : des poubelles (propres et entretenues) sont de partout, si vous faites plus de 2 minutes de marche sans en voir une, c'est que vous n'êtes plus à Singapore !!! si cependant vous jetez et êtes pris, gare à l'amende.
On ne grafitite pas les murs. De jeunes ados américains s'y sont essayés. Mal leur en a pris, ils ont reçu chaucun 50 coups de canne (des vrais, pas de cinéma), et j'ai cru comprendre que l'un deux a fini paralysé.
La délation est encouragée, et ce, dès l'école : un « capital civique » est constitué en dénonçant les bêtises de ses camarades. Tiens, Sarko n'y a pas encore pensé, chut, taisons-nous...
La bouffe... ils n'arrêtent pas !!! Mais c'est varié et drôlement bon. Pas de souci d'hygiène ici, on craque en confiance pour les beignets de crevettes (bread shrimps), les glaces au sésame, les crèpes de durian (un fruit vraiment bizarre), etc.
L'obésité chez les enfants (et les riches) commence à créer des problèmes, de même que l'usage intensif de la clim. En décembre, il fait 15⊚ dedans, et toujours 30⊚ dehors. Les filles sont en bottes hautes et pulls à cols roulés...
Les maladies vasculaires, pulmonaires et cardiaques sont légions (dans certains immeubles, les clims datent et sont des nid à bactéries diverses et (a)variées).
La conscience écologique fait du chemin. Disons qu'on en parle beaucoup. Après, je ne sais pas quelle est la ligne politique réelle. En tout cas, dans le zoo et le parc aux oiseaux, la notion de conservation et de protection est bien mise en avant.
Conclusion : oui, singapore est une ville agréable le temps de quelques jours (semaines, mois, même années sans doute), mais y vivre définitivement, euh... Ceci étant, le retour ici, en Inde, est ... bon, on serait bien rester encore un peu à Singap'...
09 mai 2008
Singapore et son zoo
On y a passé plus de 12h, sans assister aux shows, et sans trop lire les expos, ce qui vous donne une idée de la richesse et de la variété des espèces de ce zoo (et de sa taille aussi).
Vaste, bien aménagé, ombragé, accueillant. Quelques cages / enclos un peu juste en taille, mais faut bien critiquer...
Il y a une version jour et une version nuit, nous avons fait les deux.
Pas de photos du nocturne, mais plein du diurne. Allez faire un tour du côté des albums !
08 mai 2008
Singapore, 3ème journée
Au programme, visite d'une ferme - élevage de poissons, et Chinatown.
La ferme s'avère étonnante côté "comparaison avec l'Inde", mais pas vraiment surprenante côté " les asiatiques aiment le poisson trafiqué".
Elle est exploitée "à fond", avec partie pédagogique où les classes scolaires viennent massacrer pêcher des petits poissons à l'épuisette, et avec des bassins "fish-spa" : on trempe ses petons dans le bassin, et des poissons viennent les nettoyer. Sensations garanties !
On y a passé 3h sans voir défiler le temps !
Ensuite, direction le quartier chinois, Chinatown. Très coloré, tout y est fait pour que le touriste dépense ses sous. Un peu déçue : ce n'est pas vraiment chinois, à part un ou deux batiments. Mais de jolies couleurs.
On passe la soirée au calme chez les amis avec qui nous avions été au resto la veille. Titpuce en profite pour passer à la piscine.
Ferme aux poissons :
Chinatown :
Joies des débuts...
En atterrissant à l'aéroport (il y a 3 jours – oui, c'est la magie des messages enregistrés) au retour de Singapore, nous avons été accueillis par notre nouveau chauffeur.
Sauf qu'on ne l'a pas trouvé tout de suite, et que la conversation au téléphone s'est révélée laborieuse et si indienne.
« Bonjour Lokesh, comment vas-tu ?
Bien Madame, et vous-même ?
Bien merci. Dis-moi, nous sommes à la sortie de l'aéroport, nous ne te trouvons pas, où es-tu ?
Je suis « here only » (juste ici).
OK, on ne te voit toujours pas. Toi, tu nous vois ?
Non Madame.
Bon, où es-tu, de quel côté ?
Juste ici. Et vous, où êtes-vous ?
A la sortie principale coté Arrivées, devant la porte, dehors. Toi, où te trouves-tu ?Tu peux venir ?
Je suis juste ici. Je ne vous trouve pas. Où êtes-vous ?
... ... Bon, on est aussi « juste ici », mais visiblement, ce n'est pas le même ici que toi, alors tu te bouges et tu viens au Terminal des Arrivées, juste devant la porte.
La-dessus, je profite de ce que Lui peut rester avec Titpuce pour aller récupérer une course en ville, et donne une adresse sur 100ft Rd Indiranagar. LA rue que tout le monde connait fréquente au mois une fois ou deux par mois. Ben heureusement que j'y suis allée avec, parce qu'il aurait fait la rue 3 fois avant de trouver : l'adresse était au 777, et il avait du mal à tenir compte des chiffres des maisons (1295,... 1109... 689... 545... euh mon gars, le 777, c'est pas avant ?)
Avant-hier, le chauffeur avait quartier libre de 8h30 à 17h30 (ce qui est assez fréquent, je ne bouge pas tous les jours, et on organise un co-voiturage en période d'école), avec pour consigne d'être à 18h au bureau.
Il faut 25 à 30 minutes pour se rendre au bureau. Il est venu récupérer la voiture à 17h45. Je lui demande alors s'il pense être à 18h au bureau. Bien entendu... Fous-toi de ma gueule. Je lui explique que nous apprécierons qu'il soit VRAIMENT au bureau à 18h, et que vu le trafic routier, il lui faut partir à 17h35 au plus tard.
Hier, je lui demande de racheter une bombonne d'eau Kinley. C'est tout juste s'il ne fallait pas que je lui donne l'adresse du magasin. Normalement, c'est à lui de se débrouiller, pas à moi de lui tenir la main...
Ce matin, il a déposé Lui au bureau, et normalement, à 8h30, la voiture est de retour. 9H, toujours rien. 9H10, le voici. Je lui demande la raison de son arrivée tardive. Il m'explique qu'il s'est arrêté prendre son petit-déjeûner sur le chemin.
Alors, en soi, y'a pas mort d'homme, et ma foi, pourquoi pas. MAIS nous sommes en Inde. Si au bout de 3 jours, je le laisse prendre la voiture pour ses besoins personnels, j'ouvre la porte à bien des problèmes.
Je lui explique sèchement que non, la voiture rentre directement. S'il veut déjeûner, il y va avec sa moto ET quand il n'a pas de charge. Là, je l'attendais pour qu'il aille chercher un « gars des abeilles », une ruche ayant élu domicile sous la fenêtre de l'arrière-cuisine, je ne suis pas bien contente de son retard, et en plus, Titpuce peut se faire piqûer.
Il faut forcément un temps d'adaptation, pour lui comme pour moi, et pour le moment, c'est trop tôt pour parler de problèmes. Mais j'ai le sentiment d'avoir un adolescent à mettre au pli quand je devrais avoir un professionnel (vu le salaire) capable de gérer la vie quotidienne d'une famille expat.
07 mai 2008
Singapore, 2ème journée
Deuxième journée. Je ne sais plus. Si, le soir, on a retrouvé un collègue de Lui et sa famille, et LE chat.
Ah, oui, le matin, nous sommes allés au "Botanic Garden", où on s'est promené, dans la verdure, au calme, dans les orchidées, au propre, loin des corbeaux croassants et des rats crevés. Chaud, mais super.
On a enchaîné ensuite avec un magnifique parc d'oiseaux, Jurong Bird Park. Les animaux (des oiseaux) paraissaient (j'y connais rien) en bonne santé, et les cages raisonnablement grandes. On a adoré la gigantesque voilère aux perruches, vraiment vaste et densément plantée : si les oiseaux veulent se tenir à l'écart des visiteurs, rien de plus facile pour eux ! Tout se paie, money is money, mais petite variante : tu peux prendre toi-même la photo (c'est moins cher du coup) de ta famille avec des perruches sur les bras. Lui a décliné l'offre, mais Titpuce s'est montrée trè̀èees intéressée.
Soirée au resto avec nos amis, à l'Indochine, sur les bords de la Singapore River. Toujours pas le moindre coup de klaxon à l'horizon.
Les fontaines à jouer du Botanic Garden :
Jurong bird Park :





































