expat' à Bangalore

25 février 2007

J-10 ans

titanic_leonardo_di_caprio_kate_winsletTout commence il y 10 ans. Lui et moi sommes amoureux depuis 3 mois seulement, quand son entreprise lui propose une expatriation aux USA. Trop génial. Surtout à Cedar Rapids. Pour les fans de Titanic, le personnage de di Caprio a une remarque assez juste sur cette ville des USA. Un Carambar à celui/celle qui la retrouve !

Enfin, là-bas, ce qui est chouette, c'est qu'on peut visiter des porcheries. et des champs de maïs. Et aussi des porcheries. Ah, et des champs de maïs (comment, je l'ai déjà dit ? Ben, c'est parce qu'il y en a beaucoup, des champs de maïs. Et pas des petits). Y'a peut-être un mall (centre commercial) au milieu. Et une entreprise, forcément.

Bref, si je rajoute que Lui est très casanier et en pince pour ses montagnes grenobloises, vous aurez compris que cette proposition a été refusée.

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J-3,5 ans

shanga_A la veille de son congé d'été, l'entreprise de Lui revient à la charge, et insiste pour que Lui quitte ses chères montagnes pour un lieu plus exotique : Shangaï. Là, d'un coup, sans coup de semonce, sans discussion préalable.

Et, nous aurions (royal, non ?) 2 mois pour  nous organiser. Mouais. 2 mois, c'est court (si peu). Titpuce née de nos amours est encore bien pitchoune, je me fixe tout juste sur le plan professionnel, et comment dire... Shanghaï, c'est certainement très bien, exotique, tout ça tout ça, mais ça veut quand dire horaires infernaux pour Lui, et vie un peu solo pour Pupuce et moi.

Pas très aventureux, nous refusons encore une fois. Pas de souci nous dit-on, l'entreprise comprend et tout et tout (bravo pour tant d'humanité).

Sauf que, à l'usage, il y a ce qui se dit, et ce qui se fait.

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J-1 an

7ans3Nous rencontrons des amis dont la vie fut riche d'expatriation. Leurs enfants sont formidables, les discussions autour de repas de "là-bas" sont des trésors d'ouverture et des bouffées d'humanité dans ce monde de brutes. Après une pause de quelques années, les voilà repartis. On commence à voir sous un autre oeil les joies d'une telle occasion.

En parallèle, d'autres amis s'en vont tenter l'aventure, d'abord en Europe, puis un peu plus loin (enfin, carrément plus loin). Les discussions de fin de soirées commencent à prendre une autre tournure entre Lui et moi. C'est très progressif, n'est pas casanier qui veut.

Quand il est dit clairement que l'entreprise de Lui a en travers de la gorge les deux refus précédents, nous sommes mûrs pour prendre les devants. C'était il y a un an.

Dans les destinations possibles, nous avons les USA, la Chine, et l'Inde. Quitte à choisir, la priorité est donnée à l'Inde. Un coup de sonde, la pêche est bonne. Il y aurait une opportunité.

La construction de cette opportunité mettra environ 10 mois. Ben oui, ce n'est pas parce qu'on vous reproche de ne pas être parti qu'on va vous laisser partir ensuite, même si tout le monde est d'accord sur l'intérêt de la chose !

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J-4 mois

cadeauPour Noel, l'entreprise de Lui pond une jolie proposition de poste.

On respire un grand coup : Bangalore, 3 à 5 ans, mine de rien, ce n'est pas "rien".

Allez, il est temps de chercher comment s'y prendre. On négocie un voyage de repérage (enfin, c'est normalement prévu dans les conditions d'expatriation, on négocie surtout un délai de 3 mois entre le voyage de repérage et l'installation) avant de donner notre réponse définitive.

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26 février 2007

J-3 mois, le voyage de repérage : dimanche on flight

sur_la_route Ca y est, ça commence à sentir le départ. Nous partons en repérage 5 jours en janvier. Objectifs :  visite de Bangalore, recherche d'une école pour Pupuce, d'une maison, premières réunions de travail pour Lui...

Dimanche, 3 heures du matin. Le taxi nous attend (c'est la première fois que je prends le taxi !). Mamie et Pupuce dorment du someil du juste, nous partons sur la pointe des pieds, un dernier bisou magique déposé furtivement à notre Belle au bois Dormant. Dans le taxi, ambiance feutrée, la nuit d'hiver est claire, les étoiles brillent. Nous n'en profitons pas très longtemps, et gâchons la magie du moment par nos ronflements.

Arrivés à l'aéroport, nous quittons cette magie pour la lumière blafarde, les grands espaces vides, les femmes de ménage taciturnes. J'aurais aimée être excitée, je suis seulement pâteuse et fatiguée. Enregistrement, attente, embarquement. Décollage (c'est la première fois que... non , quand même, j'ai déjà pris l'avion)  consignes de sécurité, et un petit tour dans les bras de Morphée. Nous aurons 10h de vol depuis Paris pour arriver vers minuit heure locale.

Ca y est, la descente s'amorce. Au bout de l'aile, j'aperçois une immense toile d'araignée lumineuse, étendue, mais lâche. Un réseau peu dense, mais de taille gigantesque, avec des zones éteintes, et d'autres saturées. Des tracteurs bordent la piste d'atterrissage. Nous nous posons sur l'Aéroport International de Bangalore. Comme c'est mon premier Aéroport International (en dehors de Roissy), je ne peux pas trop comparer, mais quelque part, je me dis que "International" est un grand mot, même pour la provinciale que je suis. Lui me confirme qu'effectivement, "International" ici ferait "local" dans d'autres pays.

L'air est chaud en ce mois de janvier, comparé aux 3° français. Les escaliers sont... j'ai le sentiment de me retrouver subitemment projetée dans des années 70 de cinéma. La saleté est assez présente. Nous récupérons les bagages et passons la douane assez rapidement. Des gens avec des pancartes attendent les voyageurs, nous trouvons le chauffeur qui nous accueille une corbeille de fleurs dans les mains. Le sourire chaleureux, belle allure dans un ensemble blanc, le chauffeur nous parle, mais je ne comprends rien à ce qu'il me dit !!! Lui répond dans son anglais à fort accent français, (là je comprends), et direction l'hôtel.

Il fait nuit (il est 1h30 du matin heure locale), les rues sont éclairées et j'aperçois des enseignes lumineuses, des cahutes le long de certaines rues. Pour accèder à l'hôtel, nous empruntons une ruelle au revêtement moins nickel, bordée de petites échopes basses d'aspect quelque peu décrépi. Mais bon, il fait nuit, aussi.

L'hôtel par contraste choque tant c'est luxueux. L'entreprise de Lui semble prendre à coeur de bien nous recevoir. Je ne comprends toujours pas ce qui se dit, c'est pourtant de l'anglais, Lui répond, je suis déconnectée... Il est convenu apparemment avec le chauffeur qu'il vient nous chercher vert 11h pour visiter la ville. A la réception, des documents nous attendent : plan de la ville annoté avec liste d'adresses pratiques (magasins de meubles, d'électro-ménagers, place des malls...), livre In & Out of Bangalore de l'Oversea Women's Club qui contient toutes les adresses nécessaires aux expat'. Il est un peu tard pour zyeuter tout cela, mais de savoir que nos démarches seront facilitées nous permet d'aller poser nos valises.

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J-3 mois, le voyage de repérage : lundi

bangalore_moderneAprès un copieux petit déjeûner à l'occidental (nous n'avons pas prévu de visiter la tourista...), nous rejoignons notre chauffeur. Cet après-midi, quartier libre : nous en profitons pour consciencieusement commencer notre repérage : que peut-on trouver facilement à B'lore, que faut-il au contraire mettre absolument dans les 3 m cubes de frêt aérien qui nous sont alloués ?

Le ventre plein, armé de notre liste d'adresses et du plan associé, nous nopus sentons fin parés pour la cosommation adventure... Il fait beau, terriblement beau, nous sommes en T-shirt, et ne ratons pas une miette de ce que nous voyons.

rue_de_Bangalore

bangalore_moderneUne artère de la cité. Tout à droite, un rickshaw, taxi à trois roues.

De l'autre côté de la même artère, un magasin moderne

Première visite, (parce que la plus proche de l'hôtel), un furniture shop, Wood'N Wickers. Non pas que nous comptions emporter des meubles depuis la France, notez. Il s'agit plutôt d'estimer en gros ce que nous coûtera de meubler une maison, et de voir aussi ce qu'on peut trouver. On tourne un peu et constatons que l'idée selon laquelle un Indien ne dira jamais qu'il ne sait pas est aisément vérifiable, puisque nous en faisons l'expérience en repassant 3 fois dans la même rue avant d'aller faire demi-tour quelques pâtés de maisons plus loin. La dame est absolument charmante, sérieuse et serviable, charitable pour notre anglais. Et oh miracle, je comprends ! Je réalise alors que les Indiens ont un anglais avec une prononciation très francisée (un [a] est un [a], un [r] , un [r], pas étonnant que Lui s'en tire très bien... moi, avec ma patate chaude made in Khââââgne, je dois leur faire l'effet d'un opni - objet parlant non identifié - Madame de Wood'N Wickers, à ce moment-là, je t'aime). Nous prenons avec une certaine reconnaissance sa business card, réconfortés par ce contact aimable.

Nous enchaînons les tours dans les environs pour trouver ensuite un Viveks, magasin d'électro-ménager (alors qu'on était passé devant 3 fois, puisque dans la fameuse rue du demi-tour, mais non, le chauffeur certifiait que ce n'était pas ça - eh oui, maintenant que j'ai pigé le pourquoi de mon état d'opni, j'ai remisé mon accent oxfordien pour un parler à la Maurice Chevalier, et c'est beaucoup plus efficace !). Bon, nous n'aurons pas de peine à acheter machine à laver, four, micro-onde, mais pour la galetière à crêpe, la machine à pain, il vaut mieux prévoir de la place dans la caisse de frêt aérien. On trouve du Seb, du Téfal, du Philips, du Whirlpool...

Ensuite, direction le quartier musulman pour trouver un pet shop : je suis aquariophile, et souhaite voir si mon hobby peut trouver un exutoire à Bangalore. Pas de veine, nous explique le chauffeur, le quartier musulman est fermé pour cause de grève (Saddam a été pendu une semaine auparavant, et le quartier est en, colère). Nous lui demandons  si cela est dangereux ; non, non, c'est juste que tout est fermé. Ah. Ben on y va quand même, comme ça, on verra où est le magasin, et on le trouvera plus facilement quand on y retournera. Le chauffeur n'est pas du tout emballé. En fait, c'est surtout qu'il ne sait pas où c'est, contrairement à ce qu'il affirme, et qu'il s'est déjà rendu ridicule une fois ou deux déjà, une troisième fois passerait pour de l'incompétence, ou alors il faudrait avouer qu'il ne sait pas lire un plan, ou... ? Peu charitable, Lui insiste dur, et au bout d'une heure, nous arrivons devant la porte close. Par les ouvertures du rideau de fer, je vois des aquariums, du matériel... de quoi donner espoir. Satisfaits (le chauffeur a fini de se convaincre que nous sommes déficients), nous poussons alors jusqu'au Garuda Mall, grand centre commercial, avec ciné, fastfood, super shop genre Galeries Lafayettes, et boutiques Swatch, Samsonite, ainsi que quelques tréteaux avec artisanat local (ce qu'on trouve chez nous aussi, je suis une pointe déçue que ce ne soit pas mieux ici), le tout sur ? 4 ou 5 étages... J'en profite pour acheter deux tuniques très colorées, cadeaux pour la famille.

Nous prenons enfin le chemin du retour : une douche nous fera du bien avant d'aller dîner chez des collègues de Lui. Et nous faisons alors connaissance avec les traffic jams : les embouteillages. C'est alors que nous comprenons pourquoi le chauffeur a insisté pour qu'on prenne le départ avant 17h pour être à 19h à l'hôtel et à 21h chez nos hôtes. La conduite devient un chouille différente, plus nerveuse, et plus bavarde. qu'est-ce que ça klaxonne, boudiou... Impressionnant. Les queues de poissons et autres joyeusetés sont sport national, mais dans la courtoisie. Nous commençons à entrevoir qu'il doit bien y avoir des règles, mais elles nous restent inaccessibles. Entre temps, vers 18h30, la nuit tombe, à une vitesse qui m'a impressionnée. En 20 minutes, on passe du jour à la nuit, les lumières s'allument. Les rues sont bondées, les autobus aussi, ça klaxxonne à tout-va.

2 heures plus tard, nous voici à l'hôtel. Douche éclair, et re-plongeon dans les embouteillages. Pour nous rendre chez nos hôtes, à Palm Meadows, zoo résidences pavillonaires à l'américaine pour expatriés personnes aisées. Nous tentons de franchir un pont dont la construction semble être mythique puisque des expatriés rentrés l'ont toujours connu en construction, et que visiblement, il n'est pas prêt d'être terminé. Enfin, il est  empruntable, à 2 km/h, certes, mais empruntable.

2 heures plus tard, nous entrons dans un monde à part, propre, calme, et admirons le luxe du quartier résidentiel. La pensée de l'indécence du site me vient à l'esprit. Nous sommes chaleureusement accueilli par la famille, et passons une excellente soirée. Nous avons pensé à rapporter des chocolats et des livres en français pour le petit garçon des lieux, et nous discutons assez tard des conditions de vie : le côté doré de la résidence, son club house avec activités diverses et variées, ses piscines, les week-end de tourisme dans le coin, les côtés moins avenants avec les relations aux maids (employées de maison) et aux chauffeurs, relations entachées par le rapport d'argent et une tendance marquée chez certains employé(e)s de maison à chercher toujours à avoir davantage, quitte à tout perdre. Les conseils paraissent dignes d'un dictateur (ne pas prêter d'argent - le donner, oui, mais pas trop souvent, mais le prêter est un coup à se pourrir la vie, demander toujours une facture quand on confie une commission, ne pas laisser passer le premier signe de négligence, tout prendre en compte dans le salaire : l'argent du déplacement domicile / travail, celui des repas,... que sais-je encore...) mais nuancés par les nombreuses anecdotes qui les justifient, et le fait que celle qui les donne a pensé la même chose que moi en l'écoutant (ouah, la vache, c'est limite facho) quand on le lui a raconté précédemment (je ne sais pas si vous suivez ?). A méditer, à voir ensuite... Ne dit-on pas qu'un homme averti en vaut deux ?

Il est tard quand nous quittons la maison. Le chauffeur est resté tout ce temps dans la voiture, mais c'est en souriant qu'il nous accueille. Il a eu l'entreprise de Lui, et le programme de demain : visite des écoles pour Pupuce.

Le retour est plus rapide, les embouteillages se sont dilués dans la nuit.

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voyage de repérage : mardi

maison Le mardi, c'est raviolis recherche d'école. TISB (The International School of Bangalore) et Indus sont prévues : ce sont, tout le monde s'accorde à le dire, les meilleures. Suite à la discussion la veille au soir (nous avons aussi parlé scolarité), nous souhaitons ajouter au programme des visites une troisième école, récente puisqu'ouverte en juin 2006. Le chauffeur nous conduit dès le matin à l'entreprise de Lui, et après 1h30 d'embouteillage (autant s'y habituer de suite car à part entre 11 et 16h, le reste du temps, c'est margot l'escargot), nous rencontrons l'adminsitrative manager de l'entreprise. Celui-ci nous présente Vanita, qui va nous accompagner dans nos démarches. Après discussion (punaise, qu'il parle vite, passé "did you have a good journey ?", j'ai renoncé... Heureusement que je comprends les réponses de Lui, ça m'aide à piger de quoi il retourne), et coup de téléphone, nous prenons RDV avec la nouvelle école en plus des autres.

Bizarrement, alors que c'était prévu pour le lendemain, nous partons non pas visiter les écoles, mais visiter les maisons. Ma foi, pourquoi pas. (mais quid du RDV, hein, me direz-vous ? Oui, quid donc ?)

Donc en route pour les visites. Il a été décidé, à un moment, de limiter les visites aux maisons et appartements situés à proximité du lieu de travail de Lui, histoire de ne pas ajouter 2h d'embouteillage 2 fois par jour aux heures de travail. Ce choix donc nous oriente vers Palm Meadows, dont nous avons eu un aperçu la veille, et Ozone, un nouveau complexe en cours de construction. Nous commençons par Palm Meadows, avec l'administrative manager, Vanita qui ouvre de grands yeux et un agent immobilier.

La cuisine des gens chez qui nous étions hier les faisait se vanter d'avoir la cuisine la plus pourrie de Palm Meadows, mais celle de la première maison que nous visitons leur vole le titre, et de loin. Bon, une cuisine, ça se change au besoin. Les portes de placard nous restent un peu dans les mains, mais il ne faut pas en tenir compte : avant notre arrivée, tout sera réparé nickel, nous assurent l'agent ET l'administrative manager. Je surprends un sourire en coin de Lui, qui me signifie clairement qu'il ne faut pas compter là-dessus. Enfin, pas sérieusement en tout cas. Concrètement, la maison est vivable, la surface convient pour 3 personnes, il y a des escaliers (c'est un critère pour Pupuce : une maison A des escaliers, sinon, c'est pas une maison), et si ce n'est pas le cadre auquel on s'attendait en voyant le quartier, c'est vivable, il ne faut pas pousser.

Seconde maison, on passe au standing supérieur. Le loyer coûte le double (et ramené au salaire d'un chauffeur pour expat, qui gagne bien ça vie, c'est vraiment indécent), mais la maison est meublée, avec un goût auquel nous pourrions nous faire. Le coup du meublé, ça aide quand même : ça nous évite l'hôtel trop longtemps, ça nous évite (enfin, surtout à moi, parce que Lui bossera) la course aux meubles - réussir à se faire livrer dans les délais un lit correct et correspondant à ce qui a été demandé relève apparemment du défi si on compte vraiement dormir rapidement dedans. Il y a 3 chambres, une salle de lecture (enfin, une petite pièce que 3/4 m²). La terrasse achève de nous bluffer : elle est à moitié couverte de tuile, avec un salon de jardin en tek. Bingo ! L'agent immobilier a atteint son but : la première maison ne fait pas le poids, et a servi de faire valoir à la seconde. Nous jouons les dupes in english, ma foi, apparemment, c'est le rôle qu'on nous a dévolu, mais nous comparons en français nos impressions qui suffisamment proches pour penser au choix :

a - que nous sommes paranoïaques

b- que nos impressions sont justifiées

Nous ne partions surtout pas avec l'idée de vivre en nabab occidentaux vautrés dans la facilité, mais quand même, ça fait réfléchir de s'entendre dire qu'on peut vivre dans cette maison-ci...

Nous allons ensuite visiter deux autres maisons à Ozone : les espaces verts sont en préparation, les maisons ont leur extérieur à peine terminé, l'intérieur est encore en chantier, mais on devine la qualité finale. Le club house est lui aussi en construction. Tout devrait être OK pour avril (date de notre arrivée, quel heureux hasard - au début, on croit aux coïncidences, mais... enfin, vous verrez). Mouais... Pas très tentés à l'idée d'essuyer les plâtres, les dysfonctionnements inévitables des constructions neuves, déjà ch... à gérer en france, mais alors en Inde, avec leur fonctionnement (c'est de la débrouille, il faut avoir un temps certain à y passer, etc... en soi, pas de souci quand cela reste occasionnel. J'ai pourtant la crainte que loger ici rendrait ces situations plus régulières qu'occasionnelles). On visite le club house d'Ozone, tout est fermé. L'envie nous prend de visiter le club house de Palm meadows, ce n'est pas loin, et on pourra y manger.

Retour donc à Palm. Quand même, ça a du cachet... L'agent immobilier nous guide ensuite dans le club house : luxe, calme, et volupté... 3 piscines, dont une ludique avec toboggan (alors, là, la Pupuce, elle va être scotchée !), un salon de beauté (bof, ça ne me passionne pas, mais Vanita insiste pour me faire visiter - les hommes sont partis voir les salles de squash ou je ne sais plus... des trucs d'hommmes, quoi...) avec massages (ah, ça par contre, peut-être un jour...), salles de sports (voui, ça aussi, faudrait, un jour), squash et Badmington, salle de jeux pour enfants, salle de projection ciné, salle de bridge, de billard, bibliothèque feutrée, le grand jeu. On a beau dire fontaine... quand on arrive devant ladite fontaine, c'est dur de ne pas boire. Je repense d'un coup, allez savoir pourquoi, au film l'Associé du Diable, avec Keanu Reeves, il me semble...

Le repas est pris assez rapidement, au buffet du club house. Nous avons un peu de mal à trouver des plats "low spicy" (nous comprendrons plus tard qu'il vaut mieux demander du "no-spicy", mais là, nous sommes encore en apprentissage).

C'est décidé, nous listons nos préférences domicilaires, la big one de Palm Meadows en tête. Il est tout juste temps de passer à la fameuse troisième école (on a fini par rejoindre un bout du programme).

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28 février 2007

voyage de repérage : mardi bis : les écoles

_cole Après le brunch au club house, l'administrative manager et l'agent immobilier retournent à leur travail, laissant une Vanita intimidée nous accompagner. Direction les écoles. Du côté de Whitefield (Est de Bangalore), il y a TISB et Hindus, ainsi qu'Inventure Academy sur la même route.

Route. Depuis cette route-ci, ce mot a pris un autre sens pour moi. Chemin de terre carrossable conviendrait peut-être mieux. Si tant est que carrossable soit applicable à ce sur quoi nous avons ? roulé ? bringueballé ?

En gros, Il y a une petite dizaine de km entre la résidence et les campus (à 2 km près). En pratique, il faut compter entre 30 et 60 minutes suivant les horaires. Voire davantage évidemment. Au départ, on m'explique que les écoles sont "à la campagne". Je me dis : "oh, et si on y allait à vélo, ce serait tellement bien ! Quand on partait de bon matin quand on partait sur les chemins, à bicyclette-euuu, ..." On prend donc la route.

Au début, je me dis : "mouais, à vélo, cette partie n'est pas géniale, trop de voitures. Bon, faut voir." Après, on quitte la grande artère, et on s'engage le long de lacs d'un côté et de construction de l'autre. A ce moment, mon envie vélocipédique me reprend. C'est si calme, si beau. Cela dure en gros 5 bonnes minutes. Et commencent les cahotements. Pas des petits hein, des vrais. Le goudron, c'est terminé, on est passé sur une route de terre semée de nids de poules dans lequel on pourrait camper. Au début, on rit doucement, on s'étonne ("ah ouais, quand même !" "Oh, il était beau, celui-là" "Aïe, ma tête", ce genre de choses).

Mais quand ça dure, on se demande s'il n'y a pas une autre route. Sur le plan, là, y'en a une qui passe par le nord, parce que visiblement, là, nous on traverse. Pourquoi on traverse ? Le chauffeur s'est encore perdu ??? Non non, c'est plus rapide par là.

Des rizières assèchées bordent la route, alternant avec bananeraies et palmeraies. Nous traversons des villages, avec des baraquements de plain-pied et toutes sortes d'échoppes, du vendeur de matériel pour vélo qui propose également une série de raccords PVC de tuyauteries à celui qui vend bananes et récipients en plastique, du cabanon "photocopy and Internet" qui vend aussi des noix de coco, à l'épicerie à peu près identifiable. Il y a de tout, couvert de poussière, ça grouille de gens en tenue différentes, occupés ou non, à pied, à vélo, avec des charges sur la tête, en charettes à boeufs. Des bouses (enfin, c'est ainsi que j'ai identifié la matière) façonnées à la main sèchent sur des souches d'arbres abattus. Ces bouses serviront sans doute de combustibles.

chemin__cole       chemin__cole_2    

   chemin__cole_4        chemin__cole_3

Nous finissons par repérer le logo d'Inventure Academy et nous engageons sur la route privée. A l'entrée, un garde nous demande le motif de notre visite, nos noms, l'heure de notre arrivée, et note tout cela dans un registre. Munis d'un bordereau, nous sommes autorisés à pénétrer dans le campus. La route est en bien meilleur état que celle que nous avions empruntée. Nous arrivons finalement à une entrée après avoir aperçu un petit batoment rond excentré. L'entrée est abritée sous un grand préau, nous montons des escaliers pour arriver dans un immense hall en cercle, autour d'une ouverture qui éclaire une fontaine. L'architecture st récente, et me fait penser à un collège récent de France.

Nous sommes accueillis par la principale de l'établissement, une dame d'un certain âge au sourire engageant, qui commence par nous questionner, en profite pour placer quelques mots de français, et nous explique qu'elle regrette de ne pas avoir appris davantage, mais que dès qu'elle pourra, elle retournera à Paris en voyage. Elle se renseigne sur Pupuce, son âge, son tempéramment, la façon dont elle appréhende notre changement de vie.

Puis, elle nous explique la pédagogie de l'établissement. J'y retrouve des notions communes à l'Education Nationale française : l'enfant au coeur de ses apprentissages, la bienveillance, laisser l'enfant agir et l'accompagner dans ses découvertes.

Nous visitons les lieux, accompgnés d'un enfant allemand de 7/8 ans : il est arrivé il y a peu, et quand l'école devient trop dure pour lui, il rejoint la principale et reste avec elle le temps de retrouver l'énergie de retourner dans sa classe.

La partie élémentaire est proche de ce qu'on trouve en France, à la différence (considérable tout de même) que dès l'équivalent du CP, les enseignats changent selon la matière. Un peu plus tard, cetrains cours ont lieu dans des salles particulières. Au passage, la dernière leçon de Français encore au tableau comporte quelques erreurs. La cour de récréation est un grand champ un peu sauvage, avec une partie en terre rouge qui sert de terrain de sport. Nous apprenons que l'année scolaire de cette école commence en juin, pour se finir en mars, ce qui tombe on ne peut mieux : nous arrivons en avril, Pupuce quitte sa classe fin mars, et commencera donc sa nouvelle année en même temps que les autres !

Mais ce n'est pas là que Pupuce va commencer à évoluer : à 5 ans, les enfants sont dans le pavillon circulaire aperçu à notre arrivée. Un garde surveille l'entrée. Le patio rond encadre une petite cour avec un bac à sable. Des coins de jeu bordent le tour, poupées, puzzles, dessins. Deux salles de classe accueillent les enfants en ateliers plus scolaire, les enseignantes sont 2 pour un groupe de 14 enfants. Des conditions vraiment royales. On nous apprend également qu'une personne supplémentaire intervient plusieurs fois par jour auprès de l'enfant non anglophone pour l'aider à comprendre ce qui se passe.

Nous sommes positivement impressionnés, cela correspond à ce que nous souhaitons : une école à taille humaine, un cadre humain rassurant.

Il est ensuite temps de parler gros sous. A l'annonce des frais de scolarité (tout compris, cela avoisine les 120 000 rs / an), Vanita, silencieuse jusque là, fait un bon. Nous avons appris la veille qu'un chauffeur pour occidentaux qui gagne dans les 8000 rs est très bien payé. Alors effectivement, 120 000 rs, cela représente une somme conséquente. Vanita nous engage à d'abord visiter les deux autres écoles sélectionnées par l'entreprise.

Il est 15h30, c'est la fin des cours et l'heure de fermeture. Nous quittons les lieux, Vanita appelle TISB et Hindus, mais ces deux écoles ferment. Partie remise, nous reviendront demain.

Et nous reprenons LA fameuse route, en réalisant que demain, il nous faudra la reprendre à nouveau.

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09 mars 2007

voyage de repérage : mercredi, les écoles, la suite !

Mercredi, nous quittons notre hôtel très tôt, mais même ainsi, nous accusons une bonne demi-heure de retard. Alors que la veille nous avons rempli plusieurs fois des formalités pour pénétrer dans l'étage du service de Lui, aujourd'hui, on ne nous demande rien. Ca y est, me dis-je, c'est bon, on est connu.

Avant de partir pour les écoles, l'Adminsitrative Manager veut nous voir. Faut qu'on fasse le point sur la voiture. On nous conseille un Scorpio. C'est trop gros, par pincipe, je ne veux pas de 4x4. Pis dans les embouteillages, bonjour le veau. Après pas mal de discussion, il est décidé que demain, nous essayons la ford fiesta, et vendredi, le Scorpio, à la place de la Corella actuelle et nous partons visiter les deux autres écoles prévues.

Je vous passe LA fameuse route, c'est la même qu'hier, elle n'a pas eu le temps de changer depuis hier. TISB. Enfin. Ou Indus, je ne me souviens plus. Mais à quelques détails près, ç'est pareil. Cadre "high school" façon Cambridge, bâtiments nickel-chrome, blancs en marbre, à colonades coloniales, pelouse taillée au mm près, allées tirées au cordeau, bosquets et buissons de fleurs à tous les coins. Centre médical, piscine, bibliothèque, terrains de sports sur place évidemment. La cantine, c'est buffet servi en extérieur dans une cour très classe, avec des maids en tenus, gants blancs et tout le toutim. Programmes "Cambridge" : on commence à écrire des mots dès 3 ans, on fait des dictées de mots à 4, et des opérations posées à 5. Dessins complètement guidés affichés fièrement partout, pas un qui détone par son originalité ou son niveau différent. Parents, soyez fiers. Vous payez le prix fort, mais vos enfants aussi, rassurez-vous !

Un enfant pleure plus loin. Un adulte lui parle fermement un peu plus fort. Discussion de sourds à haut volume : I want my mummy ! No, you can't. You're at school, now, stop crying. I can't... Stop crying, now. I can't. etc.

Faut que je respire, j'attrape des boutons. Je souris (quelle hypocrite, je vous jure ! Mais Lui est pire : je sais très bien ce qu'il en pense, et il fait le ravi qui a presque déjà signé) quand on m'explique que cet enfant est arrivé il y a 15 jours, et qu'il va s'habituer (ce dont je ne doute pas une seconde, ils sont forts, les enfants).

Côté tarifs, rien que la plaquette de présentation est payante (100 $, tranquille. Elle est plaquée-or, ta plaquette ??? Ben, t'as plus qu'à te la monter en pendants d'oreilles). Le soutien en anglais est payant aussi (le ton est donné d'entrée de jeu). Les frais d'admission sont doublés par rapport à la première école. Vanita fait un bond et sort de sa réserve. "Pourquoi est-ce aussi cher". Lui sourit franchement. M'en fiche, moi, j'écoute déjà plus. On ne m'a pas demandé ni le prénom ni l'âge de ma fille. J'attends patiemment que Vanita en ait terminé. Je dois être bizarre.

La seconde école est du même acabit. Ca ferait redondance, je vous épargne pour ce coup-ci, mais ne vous habituez pas trop...

Bilan des courses. Selon Vanita, les prix sont démesurés (et je suis d'accord), mais nous devrions choisir la plus chère, c'est sans doute la mieux (parce qu'elle est plus chère, CQFD). J'explique que la première convient mieux à ce que nous cherchons. C'est dommage, c'est la moins chère...

Je ne sais plus ce qu'on a fait ensuite (à part reprendre ma copine la route), je me souviens seulement que nous n'avons pas mangé ce jour-là. Ca devait être super, mais vraiment, j'ai un trou.

Ah si, comment ai-je pu oublier, on se le demande !?! Lui devait retourner voir son futur chef à l'entreprise. Du coup, on rentre le déposer. Par la route. Et on revient, au même endroit, pour aller à la première école régler la procédure d'admission ! Par la même route. (qui n'a toujours pas changé).

Dans la voiture, je demande à Vanita ce que signifie le point de couleur sur le front de certaines femmes. Elle m'explique que cela indique, ainsi qu'une bague d'orteil, leur statut de femme mariée. La discussion sur le mariage est entamée. Vanita me demande si Lui et moi sommes mariés depuis longtemps, et j'annonce la couleur (en gros, depuis 6 mois, pour des raisons totalement administratives)... Notre fille ayant 5 ans, et voyant Vanita calculer, je réalise la boulette. Je m'empresse d'ajouter que nous sommes ensemble depuis 10 ans. Euh, oui, sans être marié, mais en France, c'est assez fréquent, maintenant. Oups... Sans réfléchir, je remarque que de toute façon, un nombre incalculable de mariages finissent par un divorce dans les quelques années qui suivent le mariage, et que donc, ça ne veut plus forcément dire grand'chose. Vanita me demande si les hommes divorcent pour épouser d'autres femmes. Je m'enfonce en expliquant que ce ne sont pas que les hommes qui demandent le divorce, les femmes aussi, et ce n'est pas non plus pour se remarier, c'est aussi parce qu'on ne s'entend plus. Stupeur en face... Les femmes peuvent divorcer ??? Comme ça ???... Euh, ben, ... oui, je crois. (la boulette, la boulette...) et cette route qui n'en finit pas !

La discussion dérive sur mes parents, sur le fait que je ne les verrai plus pendant longtemps. Encore bien sur ma lancée, je réponds que non, ce n'est pas un souci, on se voyait peu, ça changera, mais pas tant que ça. Surtout du côté paternel avec lequel je n'ai que peu de liens depuis des années. Plein d'années. (ouah, en France, une femme peut même divorcer de son père !!!) Là, le scotch serait vraiment nécessaire (pour refermer la mâchoire de Vanita, qui bée). Ou alors arriver enfin. voilà qui serait bien.

Nous arrivons enfin à la toute première école, procéder à la pré-inscription. J'espère que vous avez un moment, parce que ce fut épique. Nous remplissons (enfin, je remplis) des formulaires, on m'explique ensuite les démarches pour clore l'inscription, et enfin, nous devons nous acquittés des frais de pré-inscription qui sont de 5000 RS (environ 100 $). Ah, mais c'est que je n'ai pas prévu une telle somme, je n'ai pas ça sur moi là tout de suite. Pis c'est pas l'entreprise qui gère ça ? Vanita discute avec le gestionnaire, le ton monte, elle appelle son chef, ça dure un moment. Bon, au final, je dois payer, on me rembourse ensuite. OK, ben on repassera (noooon, pas La route... ouiiiinnnn), parce que là, faut trouver du cash.

Finalement, raconté comme ça, c'est plutôt court. Ca m'étonne, parce que je me souviens très bien combien ce moment m'avait semblé loooong. Un de ces "grands moments de solitudes" dont on parle parfois.

En voiture, direction l'entreprise pour mettre au clair cette histoire de frais d'admission et voir s'il faut passer retirer de quoi les payer nous-mêmes.

Il est dans les 15h, nous n'avons pas mangé. Rendez-vous donc dans le bureau de l'administrative manager. Qui prend de nos nouvelles, nous demande si nous nous sommes fixés pour la maison.

Nous confirmons que la maison de Palm Meadows (la seconde, la belle) a notre préférence. Là commence un jeu apparemment typique de la culture actuelle indienne. Alors qu'hier il n'y avait aucun problème, absolument aucun, aujourd'hui, il nous faut comprendre que l'entreprise ne peut pas s'engager à la louer dès maintenant, puisque nous n'arriverons que fin avril, et que donc, payer les 3 mois de loyers d'ici notre arrivée n'est pas envisageable. Oh, vraiment ? ah, ben... Mais bon, il ne faut pas nous inquiéter, puisque nous devons comprendre entre les lignes que notre Administrative manager connaît son affaire et fera des pieds et des mains pour nous donner satisfaction, mais qu'il serait visiblement apprécié que nous soyons admiratifs devant sa compétence. Ce que nous nous empressons de faire. Je n'ai pas souvenir qu'il se grattait la tête précisément à ce moment-là (je vous raconterai plus tard ce détail que j'ignorais alors).

En même temps que cette discussion sur la maison, notre personnage nous demande où nous en sommes des écoles. J'explique que nous avons choisi, mais achoppons sur le paiement des frais de pré-inscription par manque de liquidités disponibles là tout de suite, mais qu'un tour à l'hôtel et ce sera bon. Il nous confirme que c'est à nous de payer tous les frais, et que l'entreprise nous remboursera ensuite. Au fait (il y a un rapport, même si moi, je ne le vois pas), où en sont nos demandes de visas pour avril ? Tiens, si on s'amusait à contacter son homologue français pour faire le point. Parce que bon, pour la maison, c'est bon, faut juste qu'il appelle le propriétaire. C'est comme pour l'école, il va s'occuper de tout, nous, on n'a rien à avancer, bien entendu.

...

Là, j'ai mon énième moment de solitude de la journée. Ou je n'ai pas tout compris, et mon anglais est vraiment à jeter aux orties, ou ??? il vient de dire le contraire d'il y a 5 minutes ? Un regard vers ma moitié me confirme que je ne suis pas la seule à tiquer. Lui demande posément, clairement, ce qu'il en est, expliquant qu'avancer n'est pas un souci, qu'il faut juste le savoir pour le prévoir.  Ben, on n'a rien à payer, c'est évident, non ?

En même temps, notre phénomène s'énerve, parce que son homologue français ne répond pas. Bon, à Paris, il est dans les midi, le collègue est sans doute en train de manger. Pas grave, du coup, il appelle le proprio pour la maison. Je suis KO, lessivée, je ne suis plus. Je jette l'éponge et laisse mon cerveau dériver.

Finalement, il ressort que demain, une personne retournera payer les 500 RS à l'école. Vanita sans doute. Que pour la maison, on va voir, mais ça devrait être possible. Et que pour les visas, il s'ocupe de tout. C'était un 23 janvier.

Aujourd'hui 10 mars, nous avons a priori la maison (on ne peut jamais être sûrs), mais les visas sont a priori en retard et les frais d'inscription ne sont toujours pas réglés. A l'indienne. Cela se fera, dans les temps, j'en suis persuadée (peut-être à tort).

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voyage de repérage : jeudi, va y avoir du sport...

Une nouvelle journée commence, assez tôt, puisque Lui est en réunion de travail toute la matinée, qu'il faudrait arriver à l'heure, donc décoller tôt.

A l'entreprise, je prends un café avec l'administrative manager en attendant Vanita, partie régler les frais d'inscription de l'école. Dans le même temps, il gère trois ou quatre autres problèmes, avec autorité et précision. L'Indien au travail est multi-tâches. Puis, je sors attendre dans le hall.

Vanita arrive. En discutant, elle m'explique qu'elle n'a pas pu régler les frais, mais a récupéré des documents complémentaires à remplir (d'autres encore ?). Elle m'informe également que nous allons aller visiter l'Alliance française. Je souhaite d'abord aller rencontrer les femmes de l'Oversea Women's Club qui tiennent la parlotte au Leela Palace tous les jeudis à partir de 11h30. Ce club assez fermé à ce qu'on m'a déjà dit a publié un livre très pratique (In and Out of Bangalore) que nous a prêté le chef de Lui, mais je voudrais bien avoir le nôtre propre. On s'organise assez rapidement, entre filles ça va quand même plus vite : vu l'heure, le Leela Palace d'abord, puis l'Alliance Française ensuite.

leela_palaceLe Leela Palace. Wouah... C'est... un palace. Mais l'Oversea Women's club, c'est... frais, froid, tendance l'âge de glace mais sans les gags. En gros, tu te débrouilles, elles sont toutes trop occupées pour t'accueillir. Prennent à peine le temps de répondre à ta demande. Te tendent le bouquin, et empochent les 500 RS. Ca fait envie, c'est fou.

Mon In & Out en poche, nous nous dirigeons vers l'Alliance Française. Enfin, c'est ce que je croyais...Sur la route, Dinuh (le chauffeur) insite (très gentiment mais avec insistance) pour me déposer à une salle d'exposition. Vanita se joint à moi. Il s'agit en fait d'un batiment qui expose plusieurs artisanats : tapis de soie et de laine, travail du bois, vêtements brocardés, joaillerie... Nous nous perdons volontiers dans ces merveilles, Vanita a les yeux brillants dans la salle des bijoux. Pendant qu'elle entreprend de se renseigner, j'ai droit à un cours sur la beauté des tapis. Avec présentation et tout et tout. C'est intéressant, c'est superbe, mais... c'est sans fin... J'apprends que selon la lumière et l'exposition, les couleurs changent (et c'est impressionnant), que ces tapis sont noués à la main (merci les tits nenfants) avec une haute densité de noeuds, que les frais d'expédition vers la France sont dédouanés (ou déductibles, je ne sais plus trop) car l'objet est considéré comme oeuvre d'art, et plein d'autres choses fascinantes sur le moment mais que j'ai zappées de ma courte mémoire depuis.

C'est quand vraiment sans fin... Ca doit faire au moins 5 fois que j'explique que je n'achète pas (d'une part c'est quand même cher... et pas top malin de le ramener en France pour le ramener en Inde 3 mois après, n'est-ce pas ?). Pas moyen de décoller... Vanita, où es-tu ? (sans doute encore à la bijouterie, ah, les femmes...). Tout à coup, j'ai un flash d'intelligence (notez la prouesse personnelle d'arriver encore à penser après 30 minutes de blabla haute intensité), et je demande avec un ton très intéressé et convaincu de revenir la BUSINESS CARD du type. La Magie opère, c'est un bonheur de sentir qu'on est libéré... A garder précieusement, le coup de la business card !!! Ouf, je poursuis ma visite, qui est l'occasion de vérifier que THE coup de la Business card fonctionne vraiment super bien. Je retrouve enfin Vanita, déscotchée des pierres précieuses, et nous remontons dans la voiture. J'en profite pour remercier Dinuh. et là, nous nous rendons à l'Alliance Française.

Quel changement de cadre après le luxe du Leela Palace et le hall d'exposition ! Ici, le batiment semble méditerranéen, avec des dalles de béton plus ou moins à plat, un peu fissurées. Ca sent bon la France. A l'accueil, on parle français, suffisamment pour m'indiquer qu'il n'y a plus de plaquettes de présentation ni de programme, mais que je peux voir tout ça dehors sur la grande affiche. Il y a une bibliothèque, avec une partie pédagogie

En chemin dans les coursives, nous osons frapper à la porte du directeur de ce bureau, qui nous reçoit aimablement tout en prenant son plateau repas (tiens, c'est vrai, c'est l'heure...). Cet ex-IEN (inspecteur de l'éducation Nationale) m'explique que la communauté française se monte à environ 250 personnes, réparties un peu partout dans et autour de Bangalore. Et que de fait, la mise en place d'une école française n'est pas encore d'actualité, pour deux raisons principales : l'éclatement de la communauté qui demanderait deux écoles, une au nord, une au sud ; et l'intérêt des Français pour les écoles Internationales de la cité. Quand ce monsieur apprend que je suis institutrice, il m'explique qu'il y a de quoi faire à l'alliance Française pour quelqu'un comme moi (bénévolement bien entendu), si jamais le coeur me disait. Pour le moment, le coeur me dit surtout de manger, puis dans un avenir plus lointain, de penser un peu à moi, et pourquoi pas plus tard... Ce que j'explique en taisant tout de même les 2 premiers mouvements de ce coeur égoïste.

Nous rentrons ensuite à l'entreprise et devons pointer avec l'Administrative manager l'état de nos recherches. Qui me demande à moi où est mon mari (qui, lui, n'a pas quitté l'étage a priori). Comme je n'en sais rien, il me recolle dans les pattes de Vanita qui m'emmène à la cantine d'entreprise. Il est 12h30, tendance 13h.

Ah... LA cantine... Sur les toits. C'est pittoresque. Mais bon, c'est couvert. C'est un principe de Flunch, en plus basique. Avec des plats à l'indienne bien entendu. On se fait servir une louche de ci, une louche de ça dans un plateau en métal avec des compartiments. Il n'y a pas de couverts, parce que, quand on est bien élevé, on mange avec ses doigts. Je le sens moyen, le repas à la main... Pendant que j'essaie de me faire à l'idée de manger épicé avec les doigts sur un toit d'immeuble à moitié délabré tout en buvant de l'eau visiblement mise dans des bouteilles pas top propres (rien que d'y repenser, je sens mes intestins se souvenir de ce qu'ils ont éprouvé à ce moment-là), Vanita, que j'ai perdue de vue, vient à ma rescousse avec une bouteille d'eau "normale" et... des couverts. Vanita, je t'apprécie beaucoup !

Même si je l'ai sans doute choquée, elle ne doit pas m'en vouloir, car il lui aurait facile de me laisser mariner dans le pétrin culturel et touristaïque dans lequel je me débattais intérieurement. Ca ne l'empêchera pas de m'offrir un verre de jus de mangue fraîchement pressé (à la main...) à la fin. Je ne me sens pas le coeur de refuser, elle a été si gentille. Mais plus tard, il me faudra prendre un p'tit comprimé...

En redescendant, dans l'ascenseur, je rencontre mon mari, qui va à la cantine. Super, je sais où c'est, je peux lui montrer (frime, frime !). J'en profite pour lui faire part de mes impressions. Retour dans le bureau de l'Administrative Manager, re-moment de solitude. On convient que demain, comme c'est le Republic Day, Vanita nous emmène découvrir Mysore, en compagnie d'une autre Française en mission, accompagnée des jeunes gars de son équipe. Nous convenons de venir chercher Vanita chez elle très tôt, avec un autre chauffeur (celui du grand patron de l'entreprise, rien que ça !).

L'après-midi est bien entamée, et puis de toute manière, je ne sais plus ce qu'on fait. Peut-être un Mall, pour vérifer le prix des ordinateurs, juste Lui et moi. comme des grands. Ah, oui, ça me revient, c'est bien ce qu'on fait, avec un tour dans une sorte de Nouvelles Galeries à l'Indienne, qui vend de tout, de la vaisselle aux jouets, en passant par des livres, CD, DVD...

Le soir, vers 20h, Dinuh nous refait le coup du hall d'exposition artisanale. Je souris. C'est ailleurs, mais c'est très exactement la même chose (comprenez : même discours, même succession des gestes et des explications...). J'écoute d'une oreille distraite (une fois a suffi à mon bonheur, je l'avoue) en observant les réactions de mon homme. Tiens lui aussi a du mal à déscotcher le monsieur... Je le laisse se dépatouiller un peu avant de sortir LE truc qui tue. Laisse-moi faire, je te montre : I'm very interested in these carpets (si si, même si je n'en avais pas l'air, je vous assure...). Please, would you mind giving me your Business Card, then I can contact you when we're going to live in Bangalore ? Je sens avec fierté le regard plein de reconnaissance et d'admiration de Lui se poser sur moi. Pas pour mon anglais, notez bien.

A l'étage, je deviens très rapidement très copine d'un vendeur qui veut absolument me vendre une superbe étole en soie, mais franchement, j'aurais le temps (3 ans quand même) plus tard, et là, y'a peut-être marqué Crésus sur mon front, mais les 60€ ne passeront pas (heureusement que je suis la super copine de ce vendeur, sinon, au départ, c'est 100€). Bizarrement, je suis un peu fatiguée, et le marchandage me plaît moyennement. Hop, un petit coup de BC (c'est super pratique), et on redescend. En sous-sol, nous admirons des tables basses. On nous explique qu'il s'agit de portes richement sculptées, reconverties en table de salon. quand on sait, on reconnaît. Mais il commence à se faire tard. Et faim aussi. En voiture tout le monde.

Tiens, à l'hôtel, on va arrêter de manger typique. Ce soir, c'est pâtes pour Lui, et frites pour moi.

M... on a oublié de préciser "no-spices" au serveur, et les frites sont saupoudrées de piment. Super... Là, c'est dommage, mais le coup de la BC ne sert vraiment à rien...

Demain, on se lève encore plus tôt.

Posté par virgolambre à 22:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]