expat' à Bangalore

notre expatriation en Inde, l'aventure au quotidien, des anecdotes, des photos, des voyages, des conseils pour préparer votre arrivée ici, à Bangalore.

21 décembre 2009

femmexpat.com : 3 couples sur 5 explosent en expat ?

Certains lecteurs viennent ici chercher des infos sur l'expat à bangalore. De mon côté, je vais voir ailleurs pour trouver des infos sur le retour d'expat.

Lors de notre préparation, j'avais visité http://www.femmexpat.com. J'y retourne aujourd'hui pour le retour, et dans mes fouilles, je suis tombée sur des infos qui m'ont fait tombée de haut, c'est le cas de le dire :
3 couples sur 5 "explosent" en expat. Il y a 49% de plus de divorces chez les expats que chez les sédentaires.

L'idée que mon couple puisse exploser en venant ici ne m'avait même pas effleurée ! En même temps, si on considère que dans les causes de divorce chez les expats, l'infidélité de l'un/e arrive en bonne place, je dirais qu'en Inde, y'a peu (moins) de risques compte tenu de la culture assez différente quant aux relations hommes-femmes (en tout cas pour Mr au boulot...). On est loin du fantasme des Belles de l'Est qui chercheraient à se faire épouser, que Mr soit libre ou pas, ou du "mois du Blanc" en Chine quand les officielles sont al pais en vacances avec la marmaille, abandonnant leurs Blancs de maris -bourrés de thunes- tristement esseulés...

Si on met de côté l'infidélité, le "reste" pèse aussi : vous aurez compris qu'entre ma vie et celle de mon Lui, il y a peu de ponts naturels.
Je fréquente soit des expats, soit des indiens de "basse extraction" (commerçants), ses collègues sont des gens d'ici, mais éduqués, avec des valeurs compatibles avec les siennes. Il gère son boulot (comme avant), je gère davantage Mam'zelle, les courses dans les magasins vides, la bouffe avec toujours les mêmes produits, la perte de temps, la "non-productivité" de mes journées...
Seule toute la journée, souvent occupée à gérer le quotidien pour que ma famille trouve son compte, j'ai bien envie qu'on s'occupe de moi en retour. Mais Lui est dans ses soucis, et a bien besoin que je n'en rajoute pas.
Quand il rentre, j'ai envie de discuter ou je suis prise dans le repas, mais lui a plutôt envie de faire une pause et de se changer les idées. Le week-end, j'aurais envie de sortir, d'aller ailleurs le temps du week-end (sauf que c'est minimum 5h de voiture aller-simple, et ça, ce n'est guère sympa pour Mam'zelle => on ne bouge pas), il préfèrerait aller faire du sport, avec ses collègues.
Bref, deux planètes différentes.

Pas mal d'éléments sont là pour qu'une étincelle mette le feu aux poudres, et en y regardant de plus près, je peux comprendre que des couples passent mal ce cap de l'expat.

Je vous rassure, ça va très bien : chacun de nous a bien conscience des éventuels problèmes de l'autre, et il n'y a guère de disputes ou de conflits entre nous : mon Lui est toujours là pour m'écouter quand j'ai besoin, ne me fait jamais de remarques sur tel repas raté ou telles dépenses inutiles, me soutient ou apaise mes soucis éducationnels quand y'en a, et de mon côté, c'est avec bon coeur que je le laisse jouer au badminton ou au squash 2 à 3 fois par semaine (+ 1 à 2 fois avec moi), car il n'abuse pas. S'il ne veut pas sortir le week-end, c'est pas grave, j'ai la semaine pour le faire. Je sais aussi que si je le souhaite, je peux prendre une semaine ou deux et partir visiter l'Inde sans Lui, il n'y aura aucun souci, ni remarque, rien. Juste de l'aide. J'essaie aussi de le soutenir comme je peux quand le boulot n'est pas simple, et bref, tout va bien.

Mais à la lecture des articles de femmexpat.com, j'ai réalisé à quel point, finalement, c'est important de partir sûr/e de ses sentiments et de ses capacités d'attention et d'adaptation.

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20 décembre 2009

Bollywood, une liste (parmi d'autres)

L'inde, c'est...
3 millions 287 mille kilomètres carrés pour 1 milliard 150 millions d'habitants
5 castes, ou plutôt 5 groupes de castes et des milliers de castes réellement
autant de dieux
au moins 7 religions (hindous, musulmans, boudhistes, jains, sikhs, parsis, chrétiens)
28 états (28 gouvernements) fédérés et 7 territoires
22 langues officielles + l'anglais (langue officielle associée), 13 autres langues non officielles

L'inde, c'est le sud qui refuse de parler Hindi, c'est le nord qui voit le sud comme un ramassis de fainéants.
C'est aussi des partis politiques embourbés dans la corruption, la criminalité pour certains.

Mais s'il y a un point commun, outre le riz et le dal, c'est Bollywood. Les grandes marques ne se sont pas trompées : leurs effigies sont des acteurs / actrices de cinéma. Ainsi, Pepsi vend aux musulmans, aux hindous, aux brahmanes, aux sudras, dans le nord, dans le sud, aux pro-BJP, aux nationalistes, aux pro-congrès...
Les acteurs de cinéma sont connus de tous ; par comparaison, je ne suis pas certaine que ce soit le cas des dirigeants politiques.
Les chansons, les danses, (Bollywood servant majoritairement des comédies musicales) sont les scènes phares des films, et la plupart des Indiens (sinon tous) sont capables d'en chanter et danser un grand nombre
On n'aime, ou on n'aime pas la vague Bollywood.

On la trouve, ou pas, représentative / réductrice, de l'Inde. Mais je ne pense pas qu'on puisse nier que c'est un lien fort dans la société actuelle indienne.

C'est plus fort que les actuels soaps américains qui passent devant un auditoire passif. C'est comme au temps des films cultes avec Brando, James Dean, Humphrey Bogart, Cary Grant, Gary Cooper, John Wayne, Rita Hayworth, Marylin, Hepburn,... mais avec une ferveur et une fraîcheur naïve déconcertante (les westerns genre règlements de compte "il n'en restera qu'un" à côté ont des scénars -sans parler des dialogues- hautement travaillés  comparés à certains navets à succès ici). C'est magique. La salle pleure, rit, interpelle les acteurs à l'écran (!), et c'est tout bonnement génial.

Bon, en même temps, la daube vue à Jaipur l'an passé m'a bien refroidie, et je n'ai pas retenté l'expérience (3h à rien piger, même si la salle est intéressante, ça reste 3 longues, très longues heures. Et on ne sort pas du cinéma avant la fin, Lui me certifie que ça ne se fait pas - limite, ce serait un cas de divorce. N'étant pas maso, ni candidate au divorce, je m'abstiens donc de ciné local)

Suite au spectacle très dansant de Mam'zelle à l'école, je me suis rendue compte qu'en 3 ans, mes relations avec Bollywood sont navrantes : je suis allée au cinéma (en Inde) 2 fois seulement (dont un Bollywood et Madagascar 2, contrainte et forcée), et n'ai vu que 5 films indiens (et encore, si on considère que Slumdog est un film indien).

Au vidéo-club, j'ai bien du mal à emprunter un film local : pour ce que j'ai pu en voir dans les avions, c'est souvent long, gnan-gnan, pas forcément en Anglais... Pour essayer, il me faudrait des idées précises, des noms de films. Et quitte à regarder un film de 2 ou 3h, autant que le film soit bon, non ?

J'ai donc pris mon ordi entre 4 yeux, et lui ai demandé LA liste des meilleurs films de Bollywood. J'ai épluché plusieurs sites, listé, coché, etc, et voici les films qui sont le plus souvent cités dans l'ordre des occurrences (du + au -) : je ne vous développe que les films que j'ai vus, pour les autres, vous trouverez des infos sur le net.

Veer-Zaraa (vu)

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Zaraa, fille unique d'une des familles les plus riches de Lahore Pakistan, va se marier pour des raisons politiques. Alors que sa vie est toute tracée, des circonstances particulières la font rencontrer Veer, un indien, pilote secouriste de l'Indian Air Force. Qui passera 22 années de sa vie dans les prisons pakistanaises, muet jusqu'au jour où Samiya, avocate pakistani dont c'est la première affaire, réussit à le faire sortir de son mutisme.

Outre l'histoire d'amour impossible, ce film aborde la place des femmes, le sens du devoir filial, les relations, pour nous, Occidentaux, assez incroyables entre les familles.


Devdas (vu)

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Devdas et Paro (Parvati, la sublissime Aisha) sont voisins et ont grandi ensemble. Leur amour est né dans leur enfance, a grandi, et a résisté au départ de Devdas, parti étudier en Angleterre. A son retour, la donne a changé : si Paro l'a attendu, lui doit se plier à son devoir de fils, et se marier dans sa caste. Humiliée, la famille de Paro la marie ailleurs. Commence pour Paro une nouvelle vie, et pour Devdas, qui fuit ses responsabilités (en partie à cause des machinations sordides de sa belle-soeur) c'est le début d'une longue déchéance en compagnie d'une (magnifique) courtisane.

Un beau film, esthétiquement impeccable, des danses et des chansons léchées, des acteurs dignes d'Apollon et Aphrodite, une histoire qui finit mal, bref, un film-culte.

Lagaan (vu)
lagaan_affiche
Je ne me souviens plus des noms des héros. Il y a le Héro, sa Fiancée, une Belle Anglaise (pas la voiture), le Méchant Capitaine de la Garde Britannique. Je résume l'histoire : le Méchant Capitaine va épouser la Belle Anglaise, et pour se faire valoir, il maltraite les locaux, et leur extorque des impôts démesuré. Le Héro le défie au criquet (dont les locaux jouaient une variante traditionnelle), avec pour enjeu le triplement ou l'annulation du Lagaan (l'impôt). La Belle Anglaise se mêle de l'histoire et aide l'équipe des locaux à comprendre et apprendre les règles du criquet. Coups bas, trahison, jalousie, David et Goliath... Lagaan, c'est tout ça, avec comme toujours, des danses et des chansons, des belles images...

Kabhi Kushi Kabhie gham (la famille indienne)
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Swades
Swades_Affiche


Black
Affiche_Black


Kal ho naa ho (New-York Masala)
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Mohabattein
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Sont cités aussi, mais moins souvent, des films comme :

Dil Se
Kisna
Krrish
Dilwale dulhania le jayenge
Mother India
Taare zameen par

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19 décembre 2009

Shopping (presque) relax sur 100 ft Road

Mardi dernier, avec des copines, nous avons pris la direction de 100 (hundred) feet Road, dans le quartier d'Indiranagar.
C'est une longue avenue (2x2 voies en théorie, mais bon, quand y'a de la place pour deux voitures de front, on peut rajouter des vélos, des motos, des rickshaws) bordées de grands flamboyants, de magasins, de maisons. L'avenue est immense, les magasins variés mais espacés : heureusement, il y a de larges trottoirs (enfin, faut quand même regarder où mettre les pieds, car les trottoirs sont assez défoncés), et l'ombre des arbres est la bienvenue.

Les adresses que j'aime sur/près de 100 ft Rd :
- juste au début de la rue, quand on arrive de whitefield et qu'on descend du fly-over (grand échangeur aérien), on prend la première à gauche. Au bout de 300, 400 m (en gros), sur la gauche, il y a, côte à côte, Sorbet , et surtout Bright. Sorbet est une épicerie fine, Bright propose des lampes d'ambiance originales, comme j'aime, mais un peu chères (moins qu'en France, mais à peine).

- Ants (depuis le Fly-over, continuer tout droit et prendre la 14th main cross à droite, puis tout de suite à droite), une boutique de commerce équitable qui propose textiles (belles soies sauvages), poteries (pots à eau, théières, tasses, pot à feu...), de la vannerie (lampes, sacs). Très belle boutique, avec un coin café à l'étage.

- Pete's Furniture, juste à côté de Ants, sorte de brocante avec des meubles retapés. Je n'y étais plus allée depuis très longtemps, et j'ai bien aimé y retourner.

- 100 ft Boutique-Restaurant, sur 100 ft Rd, juste en face ou presque de la 14th cross : ces trois adresses sont à 3 minutes l'une de l'autre ! C'est un resto (terrasse et étage), qui abrite 3 boutiques (fringues, linge de maison, artisanat local : musique, déco, bijoux, poteries, lampe, papeterie...) à écumer le temps que la commande arrive. Le resto est plutôt orienté continental, tendance méditarrénéen, voire carrément grec : avec les filles, on s'est pris une série d'entrées que nous avons partagées, un régal !

- Soma (et pas SoMany), bien plus loin dans la rue (on traverse 2 ou 3 rues perpendiculaires), pas facile à trouver car le magasin est en étage. On y trouve du linge de maison (nappes, draps, couettes) typé  cotonades de jaipur (imprimé fleuri), un peu de vaisselle, du textile (pyjama, saris, kurtas), des trousses (de toilettes, des étuis à lunettes...), bref, un tas de petites choses sympa dans un style frais (relativement sobre - pas de paillettes, de dorures, plutôt un style fleur bleue).

Il y a d'autres magasins intéressants, plus haut sur la rue, mais je n'ai jamais eu le temps de pousser jusque là ! (rappelons qu'on part vers 10h pour arriver vers 10h40, histoire de trouver des magasins ouverts, et qu'il faut commencer à rentrer vers 14, 14h30, pour être à la maison quand Mam'zelle revient de l'école)

En quittant 100 ft Rd en direction de l'outer-ring road, on s'est arrêt́ée à  :
- Mother Earth (3 étages de produits dans un genre rustique-déco, avec vaisselles, meubles, objets déco, linge de maison et vêtements),

- et tout près, Thar (qui était avant sur 100 ft Rd et qui a déménagé il y a... je ne sais plus : 1 an, 1 an 1/2 ?), une référence en matière d'ameublement dans la communauté expat (style traditionnel mais sobre - on trouve aussi nombre d'objets déco, statuettes, cadres, miroirs superbes).

Addenda :
Une fois à Mother Earth, on n'est plus très loin de Oasis Center (on a quitté Indiranagar et on est sur Koramangala), son Spar (supermarché au 4ème), son Lifestyle (3 étages, comme des Galeries Lafayette en petit), son Cream and Fudge Factory (glaces au 5 ème).

Une fois à Oasis Center, on n'est plus très loin (voire tout près) de Wood and Wicker's, une bonne adresse pour des meubles de qualité, et du "grand" FabIndia de Koramangala, celui avec plein de tissus d'ameublement, plein de meubles en expo, etc.

En général, je n'ai pas le temps (et plus l'énergie- ah, la vieillerie !) de m'arrêter une fois passé Mother Earth, mais pour quelqu'un qui a plus de temps ou qui est en repérage, ce circuit vous donne un bon petit tour d'horizon des choses dispos sur Bangalore.

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18 décembre 2009

C'est moi qui l'ait fait !

Ça faisait longtemps que j'avais envie de dessiner. Je participe à un atelier de dessin depuis septembre, où la prof nous propose des thèmes, des matériaux... En ce moment j'ai le projet d'essayer un travail à l'huile, mais je ne me fais guère d'illusions sur le rendu final.

En attendant de me lancer, de temps en temps, j'essaie toute seule. J'ai acheté des pastels secs (pour info, la boite de 24 de qualité médiocre était à 150 rs - 2 euros et des roues de bicyclette, et d'autres par 12 de meilleure qualité à 500 rs, soit un peu plus de 7 euros - la ruine totale !) et un bloc note, et voilà les tentatives du jour (format A4) :

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et un spécial pour ma soeur !

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Posté par virgolambre à 14:28 - Les mains au boulot - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Devinette : à quoi voit-on que c'est l'hiver à Bangalore ?

... aux bonnets, aux écharpes, aux blousons et même aux gants ! que portent certaines personnes la journée.

La maîtresse a demandé à ce que Mam'zelle ait des chaussettes longues (elle porte des sockets ultra-courtes, qu'elle retire à peine de retour, car "trop chaud"), je ne vous dis pas la tête de Mam'zelle !!! (au passage, l'uniforme reste le même : robe à manche courte - nous sommes autorisés à réchauffer la tenue avec un sweat 3 fois trop grand ou un gilet 100% acrylique, le bonheur ; Mam'zelle m'envoie sur les roses à la simple suggestion que peut-être ce matin, faudrait mettre une épaisseur supplémentaire le temps d'attendre le bus)

Nous (les "pas d'ici"), on continue à porter les tongs et les manches courtes. A la rigueur, on met des manches 3/4 et des pantalons. C'est vrai qu'il doit faire quoi ? entre 20 et 24 degrés ? (bon, la nuit, je fais moins la maligne, mon Lui a tendance à empiler les couvertures, - et je ne me plains pas !)

Je serais curieuse d'avoir l'avis d'un/e Suèdois/e (Norvégien/ne, Islandais/e...) sur l'hiver en France : je me demande si le décalage serait comparable !

Posté par virgolambre à 02:28 - La vie au quotidien - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 décembre 2009

Dans les valises ?

Quand le retour se précise (on n'y est pas encore, mais on cogite !), il y a un tri à faire (comme au départ) :
- ce qui reste (et qu'on ne prend pas)
- ce qui part en container (et qui arrivera plus tard - 10 jours à ... 2 mois !)
- ce qui part et qu'on met dans les valises.

La question est de réfléchir à quoi mettre dans les valises, sachant qu'on passera un mois à l'hôtel le temps de trouver une location :

  • du linge, bien entendu, à condition d'avoir des vêtements de saison (en mars, je crois que je ne mettrais pas trop les tongues et les tee-shirts...)
  • des serviettes ? (pas utiles à l'hôtel, mais indispensables ensuite)
  • des draps ?
  • des choses fragiles qu'on souhaite protéger ?
  • les documents administratifs indispensables pour commencer les procédures dès l'arrivée ou presque
  • des DVD, CD... histoire de s'occuper le soir ?
  • ???

Et en fait, c'est un peu le grand flou !

Des idées, des avis, des expériences ?

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16 décembre 2009

Good Morning, Auntie !

Je vous avais parlé du projet 3-D empowerment, un projet global qui vise à développer la communauté d'un bidonville sous trois aspects (social, économique et éducationnel).

Je continue, malgré un long mois d'interruption en octobre, à aller aider (une heure par semaine, c'est pas grand chose, mais c'est déjà ça) les enfants à réaliser une activité "arts and crafts" (bricolage).

Depuis 9 semaines, des étudiants néerlandais aidaient l'asso (stage d'études, je pense), et deux d'entre eux préparaient (programmaient et réunissaient le matériel) les activités bricolages : on arrivait, elles nous expliquaient l'objet à réaliser, nous donnaient le matériel, et ensuite...

"Good Morning, Auntie !!!"

C'est la façon des enfants de nous saluer. Nous sommes des "aunties". C'est comme "madame", mais en plus familial (auntie, c'est "tatie" ou "tata"). Les enfants parlent quelques mots d'Anglais, comprennent à peu près nos explications (quoique... mais ce n'est pas important).
Dans les comportements amusants, y'a la facilité à se mettre un coup pour récupérer les crayons ou montrer qu'on est "leader", celle, quand il y a besoin d'aide, de mettre son travail au dessus de la pile de ceux qui attendaient déjà, et de brailler toutes les 15 secondes "auntie, auntie ?" (sous-entendu : c'est mon tour, hein ?").

Dans les choses moins marrantes, y'a... les activités proposées.
Genre coller du crépon avec de la colle en baton qui ne prend pas, et avec la même colle, coller un "chapeau pointu" au sommet d'un rouleau de PQ. Et là, c'est "Auntie, Auntie !" (j'y arrive pas, fais-le) à qui mieux mieux.

Genre "activité masques !" : on passera sur le choix des masques (un dinosaure, une fleur et un lion - un dinosaure ??? je ne crois pas que les enfants du bidonville aient la moindre idée de ce que c'est, et ne parlant pas Anglais, et moi, ni Tamil ni Kannada, pour expliquer, comment dire ? ouais, la galère), le support (papier d'imprimante), de l'activité même qui consiste à colorier-découper-coller des gommettes pour la Xième fois, pour ne parler que de la taille des masques : 15 cm de diamètre, avec des yeux de 1 cm de diamètre, tellement proches que c'est évident qu'aucun enfant de plus de 3 mois ne peut utiliser le masque tel qu'il est. Les photocopieuses ici ont normalement la fonction "agrandissement", mais encore faut-il que quelqu'un appuie sur le bouton.
Et les fixations : deux élastiques de bureau, qu'on est censée passer dans des trous (dans le papier imprimante) et qui sont censé ensuite entourer les oreilles des enfants. Sauf que les élastiques font 2 cm de diamètre, et que pareil, si les gamins n'ont plus 3 mois, jamais ça ira du masque aux oreilles, sans parler d'en faire le tour.
Et là, quand on prend le panier avec les photocopies et les élastiques, on sent d'avance que ça va être "Auntie, Auntie !" (j'y arrive pas, fais-le) pendant une heure.

Alors bon, ces étudiantes partaient d'une bonne intention, sont jeunes, se sont données, et tout et tout, donc, on ne dit rien. D'autant qu'elles ont fini : l'espoir de pouvoir passer à autre chose fait tenir.
Sauf que j'ai appris qu'elles ont planifié les activités jusqu'en mars (du moins, elles les ont proposé), c'était leur sujet de stage, que la responsable a l'air d'avoir validé le truc (et attend d'autres stagiaires en janvier), et semble ne pas forcément se rendre compte de ce qui se passe : on est de moins en moins nombreuses à venir, et on repart à chaque fois frustrées (les enfants n'ont rien pu faire d'eux-mêmes, n'ont rien appris, ont parfois passé de longs moments à attendre qu'on puisse les aider, on a la tête comme une citrouille à force d'"Auntie, Auntie", et tout ça pour pas grand chose - un pas grand chose plein de gaspillage, qui finira dans les égouts à la fin de la journée !!!)

Donc, donc... C'est plus ou moins pas une surprise, d'autant que ce projet est vaste (c'est ce qui m'attirait) et cible plusieurs choses à la fois (mise en place d'ateliers de fabrication, de boutique de revente, système de crèche pour que les femmes puissent s'investir, soutien de l'école) sur le long terme, mais pour le moment, la seule chose de concrète est les interventions dans l'école. Le "modèle" du projet est peut-être bientôt présenté à une commission européenne, pour servir (contre subventions, je suppose) ailleurs dans le monde, bref, y'a de l'ambition, y'a de l'investissement, y'a une énergie démesurée, mais ça ne se voit pas.

Concrètement, ça pourrait se passer bien mieux, une heure par semaine, à condition d'en passer 2 (voire 3 avec la préparation du matos) à prévoir une activité raisonnable et intéressante. Mais j'ai le sentiment qu'il y a de la politique là-dessous : l'asso reçoit sans doute des aides pour accueillir les stagiaires, et ne peut pas se permettre (je suppose) de mettre les points sur les i.

On (les volontaires) pourrait passer du temps avec les stagiaires pour discuter, et mettre en place des projets applicables. Mais d'une part, si se mettre d'accord à 5 ou 6 personnes (les volontaires) est envisageable en un temps raisonnablement court, la même chose avec 10 ou 12 personnes (volontaires + stagiaires) prendrait le double de temps ou davantage, sans parler des objectifs sous-jacents, qui ne sont pas forcément les mêmes : les volontaires (mamans pour la plupart, certaines étant enseignantes de formation) n'ont pas d'enjeu autre que de consacrer du temps à quelque chose d'utile, quand les stagiaires (sans expérience avec les enfants), eux, ont un rapport à remettre pour valider leurs études.

Bref, c'est clair que je n'ai pas envie de m'investir davantage (ce qui me prend déjà 4h par semaine, dont 2h de route), d'autant que je ne reste que jusque mars (pourquoi prendre des responsabilités maintenant pour m'en défaire dans 2 ou 3 mois ?), mais ça me chagrine de constater le gaspillage de volontés, d'énergie...

Bien sûr que les enfants en tirent quelque chose (je l'espère en tout cas), mais je pourrais obtenir la même chose avec les écoles de Whitefield en passant moins de temps en voiture (et plus de temps avec les enfants).

Comme quoi, c'est compliqué, dès qu'un groupe de plus de 3 personnes tente de se mettre d'accord !

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15 décembre 2009

Mais je ne vous ai pas raconté ??? Ah si ! Bon, ben tant pis,

... Je le redis !

(90% d'entre vous s'en fichent, mais 10% viennent de forum "chat"...) On a accueilli Mumbai le temps des vacances de sa maîtresse.

Et, vous savez quoi ? J'ai des chats extra ! Oui, je me répète, mais franchement, mes pépères n'ont pas bronché, au contraire, ils ont été super contents : Indi avait un nouveau "jouet" infatigable, et Kéa un gardien de but pour ses habituels dribbles avec ses tomates. 10 jours de joyeux bazar, avec des parties de jeu dans tous les sens. Épuisant, mais extra !

Mumbai ayant une teigne, et comme il me restait de l'anti-fongique rapporté de France "au cas où", tout le monde a eu le droit à sa part de comprimé. Eh bien même ça (l'exercice consiste, tous les jours, à bloquer le chat, lui ouvrir la gueule, mettre le comprimé tout au fond, refermer la gueule voire pincer le nez pour provoquer l'avalement - tout un programme !), c'est passé comme une lettre à la poste ! Pas une morsure, pas une griffure, nada.

Indi et son petit grand pote, dans un jeu hautement passionnant si on apprécie le comique de répetition :


touche papattes
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PS : la super pub qui tue juste avant vous donne une bonne idée de l'accent indien !!!

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14 décembre 2009

Histoires d'enfants, problèmes de grandes personnes ?

Pfiou, dites-donc... Depuis quelques semaines, la communauté francophone palm meadowsienne connaît quelques tensions...

Beaucoup d'arrivées, cet été, dans un Whitefield de plus en plus facile. Y'a peut-être moins besoin de se serrer les coudes ? Est-ce lié, ou pas, mais y'a de l'orage dans l'air, souvent autour des enfants d'ailleurs (et ça fait boule de neige). Je ne me souviens absolument pas (mais je ne suis pas très sociale-ragots) de telles histoires les années précédentes.

En tout cas, mes observations (attention : psychologie à deux sous), c'est que l'arrivée ici est assez difficile (que Whitefield se soit civilisé ou pas, dém'enager et se confronter à une nouvelle culture, c'est toujours difficile), et met tout le monde à rude épreuve les premiers mois :

  • Le mari, qui bosse comme un dingue et qui, sans doute, ne trouve pas forcément sa place de mari et de père dans le nouveau foyer qu'il quitte tôt et retrouve tard, sans activités à lui, ou sans l'énergie d'en trouver. Mon Lui, au bout de plus de 2 ans et demi, se demande encore où sont rangés les balais (y'en a pas, on passe le "broomstick", ici !), pour vous dire... (alors que c'est quelqu'un de très aidant en général).
  • La femme, souvent, a quitté son boulot. Et se retrouve "scotchée" dans un quotidien peu valorisant : les courses qui prennent 3h pour la moindre peccadille, l'impression schizophrène d'avoir à la fois un temps monstrueux devant elle (quelqu'un fait le ménage pour elle), et qui pourtant n'arrête pas de courir, pour au final avoir le sentiment de n'avoir rien fait. Et qui galère pour faire les repas, vu que parfois, ben... y'a pas grand choix dans les magasins. Toute activité personnelle peut être vécue comme égoïste, et consommatrice de ce temps qu'on a, mais qu'on n'a pas vraiment...
  • Les enfants, dont la mise à l'Anglais n'est pas magique, et qui passent quelques semaines à ne pas comprendre grand chose à l'école, ce qui, selon ce que je peux en voir, les pousse à une certaine colère, ou sentiment d'injustice. Eux aussi sont confrontés au choc culturel, peut-être même davantage que les parents, avec les attentes différentes des professeurs, les "copains" qui ne jouent pas du tout aux mêmes jeux et n'ont pas du tout la même façon de voir les choses, et pour les petits, des "copains" dont le comportement peut apparaître assez agressif...
    Du coup, les débordements agressifs en retour ou la tentation d'enchainer les bêtises sont forts, et "Petit-Ange-Mon-Coeur" peut se révéler assez... différent de l'image que "Maman d'amour" peut avoir de lui ! Et si les parents se voilent la face et reportent tous les problèmes chez les autres, ...

Les histoires d'enfants sont difficiles à gérer : ne pas s'en mêler, s'en mêler (auprès des enfants ? des parents ?), c'est un pari.
Ne pas s'en mêler, c'est parier que les enfants ont toutes les clés en main pour comprendre ce qui se passe et gérer la situation... Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai tendance à penser que pour certaines situations, même un adulte n'aurait pas toutes les clés, alors un môme de pas encore 10 ans ???
Mais s'en mêler, c'est risquer de mettre les pieds dans le plats et d'envenimer la situation...

Une expatriation les met tout de même dans une situation assez extra-ordinaire, et si les adultes sont peu préparés, je pense (avis perso) que c'est une erreur de penser que c'est "plus facile" pour les enfants.
Ne pas s'en mêler, c'est les laisser gérer tous seuls une situation qu'ils n'auraient jamais rencontrée si les parents n'avaient pas choisi de partir.

Mais que faire ? Je n'ai pas la prétention d'avoir LA solution. Mon avis, c'est de parler, tenter de donner des pistes à ses enfants pour les aider à y voir plus clair. Trouver la colère, l'angoisse, la peur, que sais-je ? essayer de l'expliquer (chez l'enfant ou chez le copain), et tenter de trouver des issues de secours (une activité, d'autres copains, des cours de soutien...)
Tout ça sans son mari, trop occupé et "à la rue", avec les courses qui n'attendent pas et les repas à gérer. Ouaip, Mesdames, heureusement qu'on ne bosse pas, parce que je ne sais pas comment on s'en sortirait !

Mais rassurez-vous, ça passe, et après, la vie est belle ! Je vous dis tout ça parce que je pense que plus on est au courant de ce qui peut arriver, plus on a eu le temps de réfléchir, et moins on est pris(e) au dépourvu (et plus c'est facile de comprendre ce qui se passe et de réagir avec sérénité)

Posté par virgolambre à 02:44 - La vie au quotidien - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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13 décembre 2009

Racisme ordinaire

T'es d'où d'abord, hein ?

Si t'es pas contente, t'as qu'à rentrer chez toi ! T'es pas la bienvenue ici !

Trop sympa, n'est-ce pas ?

Tout ça pour avoir eu le malheur de demander à un gars de bien vouloir baisser son bras gauche de quelques cm le temps que je puisse prendre une photo de ma Loute en train de danser.

Certaines personnes sont formidables.

Posté par virgolambre à 02:07 - La vie au quotidien - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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