_cole Après le brunch au club house, l'administrative manager et l'agent immobilier retournent à leur travail, laissant une Vanita intimidée nous accompagner. Direction les écoles. Du côté de Whitefield (Est de Bangalore), il y a TISB et Hindus, ainsi qu'Inventure Academy sur la même route.

Route. Depuis cette route-ci, ce mot a pris un autre sens pour moi. Chemin de terre carrossable conviendrait peut-être mieux. Si tant est que carrossable soit applicable à ce sur quoi nous avons ? roulé ? bringueballé ?

En gros, Il y a une petite dizaine de km entre la résidence et les campus (à 2 km près). En pratique, il faut compter entre 30 et 60 minutes suivant les horaires. Voire davantage évidemment. Au départ, on m'explique que les écoles sont "à la campagne". Je me dis : "oh, et si on y allait à vélo, ce serait tellement bien ! Quand on partait de bon matin quand on partait sur les chemins, à bicyclette-euuu, ..." On prend donc la route.

Au début, je me dis : "mouais, à vélo, cette partie n'est pas géniale, trop de voitures. Bon, faut voir." Après, on quitte la grande artère, et on s'engage le long de lacs d'un côté et de construction de l'autre. A ce moment, mon envie vélocipédique me reprend. C'est si calme, si beau. Cela dure en gros 5 bonnes minutes. Et commencent les cahotements. Pas des petits hein, des vrais. Le goudron, c'est terminé, on est passé sur une route de terre semée de nids de poules dans lequel on pourrait camper. Au début, on rit doucement, on s'étonne ("ah ouais, quand même !" "Oh, il était beau, celui-là" "Aïe, ma tête", ce genre de choses).

Mais quand ça dure, on se demande s'il n'y a pas une autre route. Sur le plan, là, y'en a une qui passe par le nord, parce que visiblement, là, nous on traverse. Pourquoi on traverse ? Le chauffeur s'est encore perdu ??? Non non, c'est plus rapide par là.

Des rizières assèchées bordent la route, alternant avec bananeraies et palmeraies. Nous traversons des villages, avec des baraquements de plain-pied et toutes sortes d'échoppes, du vendeur de matériel pour vélo qui propose également une série de raccords PVC de tuyauteries à celui qui vend bananes et récipients en plastique, du cabanon "photocopy and Internet" qui vend aussi des noix de coco, à l'épicerie à peu près identifiable. Il y a de tout, couvert de poussière, ça grouille de gens en tenue différentes, occupés ou non, à pied, à vélo, avec des charges sur la tête, en charettes à boeufs. Des bouses (enfin, c'est ainsi que j'ai identifié la matière) façonnées à la main sèchent sur des souches d'arbres abattus. Ces bouses serviront sans doute de combustibles.

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Nous finissons par repérer le logo d'Inventure Academy et nous engageons sur la route privée. A l'entrée, un garde nous demande le motif de notre visite, nos noms, l'heure de notre arrivée, et note tout cela dans un registre. Munis d'un bordereau, nous sommes autorisés à pénétrer dans le campus. La route est en bien meilleur état que celle que nous avions empruntée. Nous arrivons finalement à une entrée après avoir aperçu un petit batoment rond excentré. L'entrée est abritée sous un grand préau, nous montons des escaliers pour arriver dans un immense hall en cercle, autour d'une ouverture qui éclaire une fontaine. L'architecture st récente, et me fait penser à un collège récent de France.

Nous sommes accueillis par la principale de l'établissement, une dame d'un certain âge au sourire engageant, qui commence par nous questionner, en profite pour placer quelques mots de français, et nous explique qu'elle regrette de ne pas avoir appris davantage, mais que dès qu'elle pourra, elle retournera à Paris en voyage. Elle se renseigne sur Pupuce, son âge, son tempéramment, la façon dont elle appréhende notre changement de vie.

Puis, elle nous explique la pédagogie de l'établissement. J'y retrouve des notions communes à l'Education Nationale française : l'enfant au coeur de ses apprentissages, la bienveillance, laisser l'enfant agir et l'accompagner dans ses découvertes.

Nous visitons les lieux, accompgnés d'un enfant allemand de 7/8 ans : il est arrivé il y a peu, et quand l'école devient trop dure pour lui, il rejoint la principale et reste avec elle le temps de retrouver l'énergie de retourner dans sa classe.

La partie élémentaire est proche de ce qu'on trouve en France, à la différence (considérable tout de même) que dès l'équivalent du CP, les enseignats changent selon la matière. Un peu plus tard, cetrains cours ont lieu dans des salles particulières. Au passage, la dernière leçon de Français encore au tableau comporte quelques erreurs. La cour de récréation est un grand champ un peu sauvage, avec une partie en terre rouge qui sert de terrain de sport. Nous apprenons que l'année scolaire de cette école commence en juin, pour se finir en mars, ce qui tombe on ne peut mieux : nous arrivons en avril, Pupuce quitte sa classe fin mars, et commencera donc sa nouvelle année en même temps que les autres !

Mais ce n'est pas là que Pupuce va commencer à évoluer : à 5 ans, les enfants sont dans le pavillon circulaire aperçu à notre arrivée. Un garde surveille l'entrée. Le patio rond encadre une petite cour avec un bac à sable. Des coins de jeu bordent le tour, poupées, puzzles, dessins. Deux salles de classe accueillent les enfants en ateliers plus scolaire, les enseignantes sont 2 pour un groupe de 14 enfants. Des conditions vraiment royales. On nous apprend également qu'une personne supplémentaire intervient plusieurs fois par jour auprès de l'enfant non anglophone pour l'aider à comprendre ce qui se passe.

Nous sommes positivement impressionnés, cela correspond à ce que nous souhaitons : une école à taille humaine, un cadre humain rassurant.

Il est ensuite temps de parler gros sous. A l'annonce des frais de scolarité (tout compris, cela avoisine les 120 000 rs / an), Vanita, silencieuse jusque là, fait un bon. Nous avons appris la veille qu'un chauffeur pour occidentaux qui gagne dans les 8000 rs est très bien payé. Alors effectivement, 120 000 rs, cela représente une somme conséquente. Vanita nous engage à d'abord visiter les deux autres écoles sélectionnées par l'entreprise.

Il est 15h30, c'est la fin des cours et l'heure de fermeture. Nous quittons les lieux, Vanita appelle TISB et Hindus, mais ces deux écoles ferment. Partie remise, nous reviendront demain.

Et nous reprenons LA fameuse route, en réalisant que demain, il nous faudra la reprendre à nouveau.