Après la frénésie des premiers mois, celle des formalités administratives, celle de l'installation domestique, voici venu le temps où ma foi, il ne reste guère grand chose de notre étape indienne.

Pour Mamz'elle qui entre en CE2, fini l'état de grâce : la maîtresse a changé, ne sait sans doute pas ou ne veut pas savoir, ou, même en sachant, ne peut pas, gérer un passage au Français pas encore stabilisé. Donc, ça coince un peu aux entournures pour notre miss, mais que dire que faire ? Des heures supp ? Mouais, bof. Enfin, faudra sans doute y venir. Rapidement.

Pour ma pomme, ben j'ai repris le boulot, ça y est. Far far loin de chez nous, pas top top passionnant (je remplace au pied levé en gros 1 jour sur 3, et les 2 autres jours, je soutiens ou couvre des livres dans mon école de base) : 2h30 à 3h de route quotidiennes pour un épanouissement improbable, et un salaire fantôme : que du bonheur...
Retour au boulot donc, retour au temps qui file, aux contraintes domestiques qui ne se mettent pas en pause sous prétexte que j'ai peut-être un peu de mal à réorganiser notre vie.
Parce que depuis l'aventure indienne, en fait, je me rends compte que notre vie s'est complexifiée : garder le contact avec les amis de là-bas (ça prend du temps, faut y penser, et pour raconter quoi ? Au fil du temps, mes expériences et les leurs sont tellement différentes que je me demande si cela n'est pas artificiel ?), maintenir les projets qui nous ont suivi depuis l'Inde : trouver un cours de Badminton, les chatons de Kéa qui devraient arriver cette semaine, la future de Fjord - une Belge ! qui nous rejoindra mi-octobre); poursuivre notre installation dans notre nouvelle maison (où nous sommes depuis 6 semaines); planifier à terme un beau voyage de décompression...

A quoi s'ajoute le quotidien : partir tôt (fatiguée) rentrer tard (énervée), conserver la nounou trouvée avec peine (ne pas tirer sur la corde ; rentrer aux heures dites; etc), approvisionner le frigo sans prendre du temps sur les activités de la petite, tout en rentrant à l'heure pour la nounou, s'occuper du courrier (c'est dingue, en Inde, je n'avais quasi rien à gérer en comparaison d'ici !!! Je ne comprends pas comment de deux trieurs en Inde, j'en suis aujourd'hui à je ne sais combien de dossiers et merdouilles inclassables qui s'entassent en attendant un hypothétique éclair de génie qui me permettra de trouver comment les classer intelligemment)

La vie est plus aisée ici, en France, mais le rythme en est assez démentiel. Sous prétexte que c'est faisable en une journée (le boulot, les courses à Carrefour, avec passage à droite et à gauche - Castorama, la Poste...), on le fait, et on se met une pression énorme avec des journées assez dingues si on recule pour les regarder.
Je me rappelle, je m'énervais en Inde de ce qu'il fallait 1 semaine pour faire ce que j'aurais pu faire en une seule journée en France. Mais je ne me rendais pas compte que cela avait en fait un coût en énergie, et en stress.
C'est comme avant notre expat, notez bien, mais j'en ai conscience maintenant, et du coup, c'est plus difficile d'accepter !