expat' à Bangalore

notre expatriation en Inde, l'aventure au quotidien, des anecdotes, des photos, des voyages, des conseils pour préparer votre arrivée ici, à Bangalore.

22 décembre 2009

crores et lakhs, mais qu'est-ce que c'est ?

Je me rappelle au tout début, je voulais acheter une bricole.
A la caisse, le gars m'annonce le prix : two fifty ( deux cinquante).

Ouah, 2,50 roupies, c'est vraiment pas cher !!! (en ce moment, il faut dans les 70 roupies pour faire un euro...)

Non, non, non : two, c'est le nombre de centaines. "two fifty", c'est 250. "Fourteen seventy", c'est pas 14 roupies et 70 paises, c'est 1470.

Le loyer de la maison, c'est un lakh deux. J'ai mis du temps à comprendre : un lakh, c'est 100 000 roupies. 1 lakh 2 = 120 000 rs.

Ensuite, on passe aux crores : un crore, c'est 100 lakhs = c'est 10 000 000 roupies.

Nous, on utilise une base 1000, et on sépare les chiffres d'un nombre en séries de 3. Ici, la base, c'est 100, et on sépare les chiffres en séries de 2 (sauf les trois derniers qui sont les milliers):
ainsi quand nous (Occidentaux) écrivons 14 265 000 (quatorze millions deux cent soixante-cinq mille), ici, ce sera 1,42,65,000 (1 crore 42 lakh 65 mille).

C'est assez perturbant quand on y pense, mais heureusement, à part les lakhs (pour payer les agences de voyage), on est peu confronté aux grosses sommes.

PS : une astuce obsolète, mais pour les nostalgiques du Franc, assez utile pour rendre compte de la valeur des prix : en gros 1 Fr = 10 roupies. donc il suffit de diviser par 10 pour avoir la valeur en Francs.

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20 décembre 2009

Bollywood, une liste (parmi d'autres)

L'inde, c'est...
3 millions 287 mille kilomètres carrés pour 1 milliard 150 millions d'habitants
5 castes, ou plutôt 5 groupes de castes et des milliers de castes réellement
autant de dieux
au moins 7 religions (hindous, musulmans, boudhistes, jains, sikhs, parsis, chrétiens)
28 états (28 gouvernements) fédérés et 7 territoires
22 langues officielles + l'anglais (langue officielle associée), 13 autres langues non officielles

L'inde, c'est le sud qui refuse de parler Hindi, c'est le nord qui voit le sud comme un ramassis de fainéants.
C'est aussi des partis politiques embourbés dans la corruption, la criminalité pour certains.

Mais s'il y a un point commun, outre le riz et le dal, c'est Bollywood. Les grandes marques ne se sont pas trompées : leurs effigies sont des acteurs / actrices de cinéma. Ainsi, Pepsi vend aux musulmans, aux hindous, aux brahmanes, aux sudras, dans le nord, dans le sud, aux pro-BJP, aux nationalistes, aux pro-congrès...
Les acteurs de cinéma sont connus de tous ; par comparaison, je ne suis pas certaine que ce soit le cas des dirigeants politiques.
Les chansons, les danses, (Bollywood servant majoritairement des comédies musicales) sont les scènes phares des films, et la plupart des Indiens (sinon tous) sont capables d'en chanter et danser un grand nombre
On n'aime, ou on n'aime pas la vague Bollywood.

On la trouve, ou pas, représentative / réductrice, de l'Inde. Mais je ne pense pas qu'on puisse nier que c'est un lien fort dans la société actuelle indienne.

C'est plus fort que les actuels soaps américains qui passent devant un auditoire passif. C'est comme au temps des films cultes avec Brando, James Dean, Humphrey Bogart, Cary Grant, Gary Cooper, John Wayne, Rita Hayworth, Marylin, Hepburn,... mais avec une ferveur et une fraîcheur naïve déconcertante (les westerns genre règlements de compte "il n'en restera qu'un" à côté ont des scénars -sans parler des dialogues- hautement travaillés  comparés à certains navets à succès ici). C'est magique. La salle pleure, rit, interpelle les acteurs à l'écran (!), et c'est tout bonnement génial.

Bon, en même temps, la daube vue à Jaipur l'an passé m'a bien refroidie, et je n'ai pas retenté l'expérience (3h à rien piger, même si la salle est intéressante, ça reste 3 longues, très longues heures. Et on ne sort pas du cinéma avant la fin, Lui me certifie que ça ne se fait pas - limite, ce serait un cas de divorce. N'étant pas maso, ni candidate au divorce, je m'abstiens donc de ciné local)

Suite au spectacle très dansant de Mam'zelle à l'école, je me suis rendue compte qu'en 3 ans, mes relations avec Bollywood sont navrantes : je suis allée au cinéma (en Inde) 2 fois seulement (dont un Bollywood et Madagascar 2, contrainte et forcée), et n'ai vu que 5 films indiens (et encore, si on considère que Slumdog est un film indien).

Au vidéo-club, j'ai bien du mal à emprunter un film local : pour ce que j'ai pu en voir dans les avions, c'est souvent long, gnan-gnan, pas forcément en Anglais... Pour essayer, il me faudrait des idées précises, des noms de films. Et quitte à regarder un film de 2 ou 3h, autant que le film soit bon, non ?

J'ai donc pris mon ordi entre 4 yeux, et lui ai demandé LA liste des meilleurs films de Bollywood. J'ai épluché plusieurs sites, listé, coché, etc, et voici les films qui sont le plus souvent cités dans l'ordre des occurrences (du + au -) : je ne vous développe que les films que j'ai vus, pour les autres, vous trouverez des infos sur le net.

Veer-Zaraa (vu)

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Zaraa, fille unique d'une des familles les plus riches de Lahore Pakistan, va se marier pour des raisons politiques. Alors que sa vie est toute tracée, des circonstances particulières la font rencontrer Veer, un indien, pilote secouriste de l'Indian Air Force. Qui passera 22 années de sa vie dans les prisons pakistanaises, muet jusqu'au jour où Samiya, avocate pakistani dont c'est la première affaire, réussit à le faire sortir de son mutisme.

Outre l'histoire d'amour impossible, ce film aborde la place des femmes, le sens du devoir filial, les relations, pour nous, Occidentaux, assez incroyables entre les familles.


Devdas (vu)

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Devdas et Paro (Parvati, la sublissime Aisha) sont voisins et ont grandi ensemble. Leur amour est né dans leur enfance, a grandi, et a résisté au départ de Devdas, parti étudier en Angleterre. A son retour, la donne a changé : si Paro l'a attendu, lui doit se plier à son devoir de fils, et se marier dans sa caste. Humiliée, la famille de Paro la marie ailleurs. Commence pour Paro une nouvelle vie, et pour Devdas, qui fuit ses responsabilités (en partie à cause des machinations sordides de sa belle-soeur) c'est le début d'une longue déchéance en compagnie d'une (magnifique) courtisane.

Un beau film, esthétiquement impeccable, des danses et des chansons léchées, des acteurs dignes d'Apollon et Aphrodite, une histoire qui finit mal, bref, un film-culte.

Lagaan (vu)
lagaan_affiche
Je ne me souviens plus des noms des héros. Il y a le Héro, sa Fiancée, une Belle Anglaise (pas la voiture), le Méchant Capitaine de la Garde Britannique. Je résume l'histoire : le Méchant Capitaine va épouser la Belle Anglaise, et pour se faire valoir, il maltraite les locaux, et leur extorque des impôts démesuré. Le Héro le défie au criquet (dont les locaux jouaient une variante traditionnelle), avec pour enjeu le triplement ou l'annulation du Lagaan (l'impôt). La Belle Anglaise se mêle de l'histoire et aide l'équipe des locaux à comprendre et apprendre les règles du criquet. Coups bas, trahison, jalousie, David et Goliath... Lagaan, c'est tout ça, avec comme toujours, des danses et des chansons, des belles images...

Kabhi Kushi Kabhie gham (la famille indienne)
affiche_famille_indienne


Swades
Swades_Affiche


Black
Affiche_Black


Kal ho naa ho (New-York Masala)
affiche_new_york_masala_2003_1


Mohabattein
affiche_Mohabbatein_2000_1

Sont cités aussi, mais moins souvent, des films comme :

Dil Se
Kisna
Krrish
Dilwale dulhania le jayenge
Mother India
Taare zameen par

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08 décembre 2009

Les tigres en Inde

Je vous invite à visiter le blog de Pierre Chéron, photographe, qui n'est pas ressorti indemne de sa rencontre avec le tigre et l'Inde...

C'est ici.

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20 novembre 2009

Enquête de contrôle !

Incroyable !

Deux gars sonnent à la porte et me saluent et me demandent de confirmer qu'il y a eu des travaux chez nous.

Ah, ben oui.

Quel a été le montant de la facture ?

Tant.

Pouvez-vous confirmer ? avez-vous un reçu ?

Oui, mais c'est mon mari qui l'a au bureau.

Et vous avez payé la totalité ?

Eh bien oui, tant pour l'avance, puis la propriétaire m'a dit avoir réglé encore une partie de tant mardi dernier, et enfin, avant-hier au soir, j'ai fait porter le reste.

Cash ou chèque ?
Cash pour mes deux versements de tant et tant. Pour le versement de la propriétaire, je ne sais pas.

Pouvez-vous nous fournir la copie de la facture. C'est très important.

Il y a un problème ? Je vous assure que j'ai payé !

Non, c'est que la personne en charge des travaux a déclaré une facturation de tant (trois fois moins que ce que nous avons versé !). Et comme mardi dernier, vous avez porté réclamation (enfin, honnêtement, je n'ai pas porté réclamation, j'ai incendié tout le monde) nous vérifions. Vous n'en parlez pas, n'est-ce pas ? Si on vous demande si nous sommes passés, sauf si c'est le patron, surtout vous ne dites rien, d'accord ? On passe demain pour avoir une copie, vous voulez bien ?

Ben, euh, oui.

Bon je n'en parle pas, je l'écris, c'est pas pareil...

Je trouve ça éminemment rassurant de voir que parfois, y'a des contrôles qui se font. Je ne sais pas si la miss en charge des travaux a falsifié quoi que ce soit. Je ne sais pas si un autre qu'elle s'est "servi" au passage, je ne crois pas, même si cela ne m'étonnerait pas. Je ne sais pas, si fraude il y a,  si ça débouchera sur une sanction, un procès,...
Mais qu'il y ait une enquête de contrôle sur l'honnêteté de la facture (alors que je n'ai rien demandé, sauf que les travaux avancent), voilà qui me donne à penser que l'Inde évolue vraiment, tous les jours.

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01 octobre 2009

Calendrier des festivités du coin

Je vais tenter dans ce message de lister les différents festivals locaux, plutôt hindus (y'a déjà de quoi faire), et je verrai si j'arrive aussi à mettre les événements chrétiens et musulmans.
La plupart des dates sont variables d'une année à l'autre, car le calendrier religieux suit le calendrier lunaire.

Puisque nous sommes (époque de la rédaction de cet article) en Août 2009, commençons donc par ce mois-ci ! (source et autres)

Fête de l’indépendance : 15 août 2009
Commémoration de la date anniversaire de l’indépendance de l’Inde, le 15 Août 1947, lorsque le vice-roi Lord Mountbatten transféra le pouvoir à Jawarharlal Nehru, et que l'Inde coloniale se vit partagée entre l'état hindu et le Pakistan.

A noter sur Bangalore, le Flower Show sous la verrière de Lalbagh, qui débute une semaine avant le 15.

Ganesh Chaturthi : 23 août 2009
Fête anniversaire de Ganesh, le très populaire dieu à tête d’éléphant. Grand activité dans tous les temples dédiés à ce dieu pendant 10 jours. Le festival se termine par une longue procession et l’immersion de l’effigie de Ganesh dans l’eau.

Voici Septembre :

Onam cette année le 2 septembre 2009.
C'est une fête du sud, du Kérala, qui commémore le retour d'un roi apprécié qui a gouverné un âge d'or pour cette région. C'était le début de la nouvelle année avant que tout soit uniformisé. Ce festival aussi dure une dizaine de jours.

Dassara / Durga puja: 26-28 septembre 2009 (les dates dépendent de la lune, je crois, c'est donc variable d'une année à l'autre - il y a deux ans, c'était fin octobre, l'an passé, mi-octobre, etc)
Cette célébration qui a lieu sur l’ensemble du territoire fête la victoire du Bien sur le Mal, mais les explications divergent, tout en convergeant, occasion de tergiverser.
Dans le Nord, les festivités marquent la victoire de Rama sur le démon Ravana pour sauver son épouse Sita, avec l'aide de son frère Hanuman.
A Calcutta où l’évènement s’appelle Durga Puja, les festivités se déroulent dans la ville pendant 3 semaines et célèbrent la déesse Durga, destructrice du Mal.
A Mysore, cette fête, qui porte le nom de Dassera, célèbre le triomphe de Chamundeshvari (un avatar de Durga) sur le démon Mahishasura : 10 jours durant, danses et pièces de théâtre se succèdent pour se conclure par une procession et un feu d’artifice. A Mysore a lieu la grande parade des éléphants, événement considérable et "foultitudineux".
C'est l'occasion de poojater tous les outils de travail (les vélos, les voitures, les tournevis, les ordinateurs...), pour les bénir, les rendre efficaces, les protéger. On poojate tout ce qui sert. Ce qui donne des scènes parfois cocasses. Le clin d'oeil cette année ? un groupe poussant une voiture en panne alors que le pooja datait de quelques heures à peine (les fleurs du collier de la voiture commençaient à défraichir).

Passons au mois d'Octobre :

Jayanthi Gandhi, le 2 octobre,
célèbre la naissance de La Grande Ame, le Mahatma Gandhi. Il est né le 02 octobre 1869, dans l'état du Gujarat, pour mourir à Delhi le 30 janvier 1948. Pour plus d'info, merci Wikipédia (à lire, Cette Nuit la Liberté, de Dominique Lapierre et Larry Collins).

Diwali, le 17 octobre 2009 (2-3 semaines après Dassara, variable).
C'est LE festival indien. Le plus marquant, le plus important, puisque c'est aussi le d'ebut de l'année. C'est Noel, en fait : le moment des augmentations de salaire, des "13ème mois", des cadeaux... Comme beaucoup de festivals, celui-ci dure aussi plusieurs jours.
Il célèbre, un peu comme Dassara, la victoire du Bien sur le Mal, de la Lumière sur les Ténèbres, et j'ai l'impression que pendant 10 jours, le but est de ne pas laisser la nuit exister, de la transformer en jour : on danse, on chante, on fait une fête de tous les diables, à grand renfort de pétards, feux d'artifices, lumières, bougies, guirlandes électriques.
C'est festif au possible, y'a des soldes partout, des promos sur les bijoux, surtout sur l'or. C'est aussi très bruyant (à cause des pétards). Un jour, c'est chouette, deux jours, c'est sympa... le 10ème, y'a comme un gros manque de sommeil qui gâche un peu ce superbe festival.

Novembre :

On se repose ! Accessoirement, on reprend le travail... Il y a toujours toute une série de petits festivals, de jours particuliers, qui sont plutôt l'occasion de passer simplement faire des offrandes au temple, mais si le jour est important pour un employé (fête de son dieu "patron"), il prendra un jour de congé (ou de maladie) pour respecter les rituels de ce pooja particulier.

Décembre :

Noel, 25 décembre
Oui, c'est une fête chrétienne, mais finalement, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête (et alimenter la société de consommation, et écouler les invendus de Diwali...), et du coup, Noel se fête aussi ! Le 26 est souvent férié également, comme en Allemagne, sans doute pour se remettre de ... ses émotions.

Janvier

Nouvel An :

Même si traditionnellement le début de l'année était fixé à Diwali, la mondialisation a mis tout le monde d'accord sur la date du 1er janvier. Le 31 décembre, c'est une nouvelle occasion de faire la fête !

Pongal, du 13 au 16 janvier (dates fixes) :
C'est une célébration des moissons (riz principalement) et des bovins, qui sont lavés, décorés, honorés, et laissés au repos à cette occasion. C'est également très joyeux, on se lance du riz, on danse, on chante...

Républic Day, le 26 janvier
Suite à l'Indépendance, il a fallu quelques temps pour mettre les choses en place. C'est le 26 janvier 1950 que la République Indépendante de l'Inde a vu le jour. Depuis, ce jour est commémoré partout, civilement, avec des parades militaires, des discours.

Février - Mars

Holi (calendrier lunaire, entre février et mars)
Je l'adore, celui-là. Un peu difficile à cerner, car il y a deux façons de calculer sa date, qui donnent deux dates différentes : après une pleine lune, ou après la nouvelle lune. A vous de vous renseigner pour savoir, localement, quel calcul est suivi.
C'est un peu notre carnaval, sauf qu'on ne se déguise pas, et qu'il est plutôt conseillé de mettre des vêtements "perdus". Car les réjouissances consistent à barbouiller son voisin de couleurs (poudre, eau, peinture...).

Mars-Avril

Ugadi (juste après Holi, sur mars-avril)
C'est la célébration du printemps, l'espoir de récoltes fruitières abondantes (les Mangues aarivent vers mai-juin, on les attend avec impatience, il s'agirait que la météo soit favorable !), c'est aussi le début du calendrier agricole (oui, y'a beaucoup de calendrier différents ici). On fleurit tout, on lave tout, on chante aussi.

Pâques
Comme pour Noel, pourquoi se priver de faire la fête ? D'autant que la communauté chrétienne est bien représentée en Inde (c'est pour certains une façon d'échapper aux castes en en sortant).

Passé avril, les festivals se calment un peu. Il fait trop chaud, sans doute, et tout le monde est occupé avec les Mangues. On a la fête des mères et la fête des pères, et puis la mousson arrive. Mais comme vous l'avez remarqué, à partir d'Aout, on démarre sur les chapeaux de roue !

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26 septembre 2009

3D-Empowerment, un projet pour un bidonville

En cette peut-être sans doute dernière année de parenthèse, il était temps pour moi de mettre un peu de mon temps au service de la bonne cause.
J'ai eu tout le loisir de réfléchir au pourquoi, et je pense avoir l'honnêteté d'admettre que ce n'est pas pour l'Inde, ce n'est pas pour les Enfants, ce n'est pas pour Les Autres. C'est juste pour moi, pour me sentir utile, parce que j'ai été élevée comme ça, et qu'il faut bien s'en accommoder.
Sauf que je ne suis pas du genre Don Quichotte : les combats perdus d'avance, ou les gouttes d'eau perdues dans l'océan, très peu pour moi. Pour m'investir, j'ai besoin de sentir que ce que je fais est utile concrètement, et "restera".

Une amie d'avant a fait du volontariat dans une école. De ce qu'elle me disait, je ressentais que ce n'était pas pour moi, car ce qui se faisait auprès des enfants n'avait pas vraiment de chance de perdurer, de "passer" dans les familles. Et si on peut faire beaucoup avec les familles, on ne peut rien faire sans elles : les enfants sont un levier, mais on ne peut pas compter sur eux uniquement pour changer les choses.

Une autre amie a rejoint un groupe qui travaille auprès d'un bidonville (on dit un slum). Ce qui m'a séduit dans ce projet, c'est l'approche globale : des volontaires, coordonnés par les travailleurs sociaux, interviennent dans l'école de ce bidonville pour donner des cours d'Anglais et animer des activités "arts and crafts" (bricolage). Je crois beaucoup à l'apprentissage par le "faire".
Mais surtout, en parallèle, il y a des ateliers ouverts aux mamans pour leur apprendre, à elles aussi, à fabriquer des objets dont elles pourraient ensuite tirer subsistance. Et en parallèle, toujours coordonné par les mêmes travailleurs sociaux, des volontaires aident à garder les petits enfants lors de crèches ouvertes pendant les ateliers des mamans.
Et en parallèle, un centre de santé et d'hygiène essaie d'aider les habitants, en travaillant sur comment / pourquoi nettoyer sa maison, se laver les mains, les dents...

Tout ceci avec des moyens dérisoires, évidemment.

Je serai une goutte dans ce projet, mais ce projet qui est à la fois global et concret, semble convenir à ce que je cherchais. Il me permettra de m'investir auprès des enfants (c'est mon métier, quelque part), mais aussi auprès des mamans.
Je crois illusoire, ici, d'éduquer les enfants si les familles ne le sont pas. On ne ferait que "plaquer" des fonctionnements artificiels, pas intégrés ni intégrables dans les familles.
Alors que si on travaille à la fois avec les mamans ET les enfants, on peut vraiment créer une dynamique (si la maman a conscience de l'importance de se laver les mains, l'enfant n'aura aucun mal à reproduire une habitude prise en classe, ou à accepter ce changement si Maman le demande).

Première rencontre sur le terrain : le 8 octobre. Aventure à suivre, donc.

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03 septembre 2009

Love affair... épisode 2

Suite des aventures de la famille de mon chauffeur et de la jeune soeur.

La soeurette a été retrouvée, localisée. Ouf.

Non, pas ouf. Argh au contraire.

Elle est mariée, c'est fait.

Ne me demandez pas comment, quand on sait qu'il faut l'accord des parents (accord qu'elle n'avait pas), être majeur (elle ne l'est pas encore), et faire tout ça LE bon jour à LA bonne heure.

Toujours est-il que maintenant qu'un mariage a été célébré, la fille n'est plus récupérable (le jeune marié peut entamer une procédure de divorce. La jeune mariée aussi, mais ça, c'est la théorie, car dans les faits, elle est "grillée" socialement).

La famille de mon chauffeur, m'explique mon chauffeur, n'a plus le choix, ce mariage est maintenant un fait.

Sauf que.

Le père du jeune homme demande ... la dot.

Eh oui !

Dot pas vraiment prévue au programme : cette jeune fille ne devait pas être mariée maintenant, la dot n'est pas prête, pas du tout !

Mais le père du marié se fait agressif. Sans dot, pas question que le jeune couple remette les pieds à la maison.

Ma foi, pas grave, les tourtereaux ont été assez grands pour se marier "tout seuls", ils doivent être assez grands pour se débrouiller, non ?
Euh... d'une part, l'attachement à la famille fait que le fils ne restera pas "loin" de sa famille (à moins d'avoir une sacrée personnalité), et d'autre part, côté maturité, ils ont plutôt la débrouille d'enfants de 11 ans que de jeunes adultes de 18-20 ans, et mon chauffeur m'assure (je le crois sans discuter sur ce plan !) que ces jeunes gens sont incapables de se gérer seuls.
Sans compter qu'ici, pour trouver un boulot (on parle de gens de basse extraction), un logement... il faut venir avec les parents.

Donc pas le choix, le jeune couple doit retourner chez une famille. Celle de mon chauffeur est déjà pleine à craquer. Donc il leur faut trouver la dot, ou...

Ou la jeune fille se prépare de sales moments en perspective, fille "sans valeur" dans sa belle-famille.

Je demande à mon chauffeur si en cas de gros problèmes, sa famille ira trouver la police. Il me répond (c'est très indien) que oui, ils peuvent aller à la police.
Je ne te demande pas si tu peux. Tout le monde peut, mais peu de gens le font. Toi, tu le feras ?
... ... ben, on doit le faire si vraiment c'est grave (en même temps, c'est quoi "grave" ?). Mais on va d'abord chercher à résoudre ça autrement (= ouvrir le tiroir-caisse !).

Heureusement, cette histoire se passe au sein de la même caste.

Si elle avait lieu entre deux castes différentes, elle donnerait suite à de sacrés règlements de comptes. Des règlements au prix fort. Rouge. Celui du sang (me dit mon chauffeur - et ce n'est pas la première fois que j'entends parler de ces vendettas)

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02 septembre 2009

Ganesh Chathurti, encore

Le festival qui célèbre l'anniversaire de Ganesh est en passe de se finir.

Voici le genre de statues vendues pour l'occasion :

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Dans la résidence, la statue destinée à être offerte au lac a d'abord fait le tour de toutes les rues (ou presque), montée non pas sur un rat mais dans le tracteur qui sert au ramassages des déchets, tracteur pour l'occasion nettoyé et décoré. En chemin, régulièrement, on remet un p'tit coup d'encens à la statue, on lui redonne des fleurs, des pâtisseries...

Le tout à grand renfort de musique, de pétards, et de danses !!! Défoulage garanti (... des hommes ; les femmes suivaient sagement de l'autre côté)

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Ganesha_chathurti_Palm_Meadows_2009

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27 août 2009

Love affair... épisode 1

Je ne sais pas si j'aurais la suite de cette histoire, mais sans vouloir faire de voyeurisme, je la trouve très révélatrice de la situation actuelle de la jeunesse en Inde, prise entre traditions et modernité.

Vendredi dernier, après avoir conduit Lui au bureau, mon chauffeur revient, et s'enquiert de ce que j'attends de lui dans la journée, d'une façon qui me fait supposer immédiatement qu'en fait, s'il pouvait avoir sa journée, ça l'arrangerait.
Je lui pose carrément la question.

Sa jeune soeur de 17 ans et demi n'est pas rentrée à la maison la veille, tout le monde est très inquiet, il souhaite participer aux recherches.
Je le libère donc, mais en lui demandant s'il pense pouvoir assurer le retour de mon mari en fin de journée.

Mon chauffeur se dandine, l'air de dire "ben oui mais non", et on décide de se recontacter plus tard, peut-être qu'il y verra plus clair à ce moment-là.

Vers 16h, je vais aux nouvelles. On a retrouvé la trace de la jeune fille.
Moi toute naive encore, je me réjouis, le félicite, et tout, genre "ça finit bien, tu dois être drôlement soulagé, non ?"

Ah, mais certes, mais euh... non, en fait.
Comment ça, t'es pas soulagé ?
Ben ma soeur, elle serait partie avec un cousin* à moi. Ils sont amoureux depuis l'enfance, et là, ils sont partis, on ne les a pas retrouvés.
Ah, mais ce n'est pas si grave, au moins, elle n'est pas en danger, elle n'a pas été enlevée. Elle est toujours en vie, et -
...
... (ok, ok,ok, je vois... limite, il aurait mieux valu que la jeune fille soit morte ou en danger plutôt que "ça" - une fuite, une fugue, une idiote histoire d'amour impossible, quelle honte, quelle honte, quelle honte...

silvestre

surtout que dans la famille, ce n'est pas la seule... Ah, déshonneur funeste !) Désolée. Mes condoléances (ou un truc du genre).

Au sortir du week-end, les tourtereaux ne sont pas revenus. Mon chauffeur a la tête des mauvais jours.
C'est que c'est une catastrophe.
Certes, lui aussi s'est marié par amour, mais bon. Son frère aussi, mais bon. Ce sont des garçons, eux. Et depuis, c'est la guerre entre les familles des mariés (la famille de la belle-soeur est en procès pour "enlèvement" contre la famille de mon chauffeur), et au sein de la famille même (la mère de mon chauffeur ne supportant pas la femme de mon chauffeur). Alors si la fille s'y met aussi, imaginez un peu. La fille ! qui ose se révolter.

On aura tout vu ! Encore un coup des Américains et de leurs séries débiles qui mettent dans la tête des scénaristes de Bollywood des histoires à la noix l'eau de rose, même que ça donne aux jeunes de drôles d'idées ensuite !

Mo chauffeur craint que sa soeur, immature, ait des soucis. De toute façon, honnêtement, 18 ou 25 ans (voir 30...), les "jeunes" indiens SONT immatures, comme qui dirait incapables de cuire un oeuf tout seul. Quant à avoir des soucis, entre les mériter parce qu'on cherche à faire sa vie, ou les subir parce que mariée de force... comment dire ? Ah oui : oh, le beau décalage culturel !

Perso, je trouve ça hyper romantique. Devoir s'enfuir pour vivre son amour... quelque part, j'envie cette jeune fille.

* cousin n'est pas un lien de famille comme chez nous. Disons que c'est (ça peut être) un parent trèèès éloigné, genre voisin de village. Quand un indien va parler d'un "vrai cousin", il va dire "le fils du frère de mon père" ou un truc du genre.

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20 août 2009

Ganesh Chathurti

Commence bientôt un festival particulier : Ganesh chathurti.

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Avant de vous en parler (merci Wikipedia, les explications de mon chauffeur étant assez diificiles à comprendre pour qui ne baigne pas dans l'hinduisme), voici quelques infos sur Ganesh, sympathique et bonhomme bedonnant à tête d'éléphant, protecteur des taches ardues, de la famille, de la connaissance, bref, un dieu à mettre dans sa poche. La monture qui lui est échue est... un rat.
Il a perdu sa tête humaine, dit-on, décapité par son dieu de père (Shiva). voici comment ceci est arrivé : Ganesh ne connaissait pas son père, et vivait avec sa mère, Parvati car Shiva avait d'autres chats à fouetter que de jouer au paternel. Un jour, Parvati va au lac se baigner et demande à Ganesh de protéger son bain en éloignant les indésirables.
Or c'est le moment que choisit Shiva pour revenir se rappeler au bon souvenir de Parvati. Mais un jeune homme lui barre le passage, et Shiva le décapite tout simplement. Ce dernier rejoint sa belle qui est toute émue, blabla. Puis Parvati appelle Ganesh pour lui présenter son père.
Shiva comprend alors qu'il a fait une boulette...
Il appelle les animaux de la forêt pour tenter de rendre une tête à son fils, et c'est l'éléphant qui se sacrifie. et voilà comment Ganesh s'est retrouvé avec sa tête d'él'ephant.

Il a aussi perdu par la suite une défense, mais c'est une autre histoire.

Ganesh chathurti, c'est un festival annuel qui célèbre Ganesh, pour rafraîchir un peu les liens entre la famille et ce dieu.
Il s'agit bien entendu de prier beaucoup, de faire plein d'offrandes (fleurs, pâtisseries...), de rendre le foyer agréable en repeignant les murs (intérieur et extérieur), en nettoyant tout.
Puis on achète cher une belle représentation de Ganesh, la plus chère, la plus grosse (la plus voyante) possible, qu'on "invite" dans son beau foyer e portant l'effigie en procession. On adore l'idole pendant plusieurs jours (une grosse dizaine), en lui offrant moult sucreries. Enfin, en procession et en prière, on emmène la statue près d'un plant d'eau (mer, lac, rivière), et on l'immerge définitivement.

Ce pooja est particulièrement coûteux, aussi les villageois font-ils souvent une collecte et achètent une grande statue bien fluo, bien comme il faut, qui fait office de pooja groupé. Le jour de l'immersion n'est pas vraiment fixé, c'est le 11ème ou le le 13ème jour, mais si on est pressé ou si les augures ne sont pas bons, ça peut se faire un autre jour, avant. Ce n'est pas non plus à heure fixe, ni dans un lieu précis.
Ce festival verra son début dimanche 23 aout. J'essaierai d'assister à une procession, mais rien n'est sûr.

Les jours suivants, la plupart des poissons du plan d'eau font grise mine, car ces statues libèrent qui du plâtre (cela acidifie l'eau), qui du plomb, du cadmium, du mercure... Mais c'est une autre histoire.

Posté par virgolambre à 02:20 - Société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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